Une collection exceptionnelle de minéraux français dévoilée à Millau
Collection exceptionnelle de minéraux français à Millau

À l'occasion de la 55e Bourse internationale des minéraux et fossiles de Millau, Roger Blanc a accepté d'exposer au grand public une partie de sa collection de minéraux français. Cet ensemble exceptionnel, constitué en plus de soixante ans de recherches, n'avait encore jamais quitté ses vitrines. Du vendredi 17 au dimanche 19 juillet, collectionneurs, professionnels et simples curieux ont pu découvrir plusieurs dizaines de pièces soigneusement sélectionnées par ce passionné tarnais de 87 ans.

Une passion née sur le tard

Ancien industriel maroquinier à Graulhet (Tarn), Roger Blanc raconte avoir découvert la minéralogie relativement tard, à une trentaine d'années. "Je n'y connaissais rien et je me suis dit que je ne pouvais pas passer une vie sans faire quelque chose de semblable", se souvient-il. Il rejoint alors un club de minéralogie et apprend le métier sur le terrain, en multipliant les lectures, les sorties et les explorations. "À l'époque, il était plus facile d'accéder aux mines désaffectées. On fouillait parfois pendant plusieurs jours", raconte-t-il. Très vite, il noue des liens avec plusieurs mineurs de la mine du Burc, dans le Tarn. Ensemble, ils extraient des minéraux que Roger Blanc nettoie ensuite avec une grande minutie. Au fil des décennies, il rassemble près de 1 200 pièces provenant de toute la France.

Des découvertes devenues des références

Les fluorines du Tarn occupent une place toute particulière dans sa collection. Parmi ses plus belles découvertes figurent une douzaine de spécimens provenant du four de Cluzel, à Peyrebrune. "Quand nous les avons trouvées avec un ami, elles étaient recouvertes de terre et oxydées. Je les ai mises de côté pour les nettoyer. Quand je lui ai montré le résultat, il en est resté sans voix. C'était une découverte régionale", se rappelle-t-il. Au-delà du Tarn, sa collection réunit également des pièces emblématiques issues du Mont-Blanc, des Alpes, des Farges, de Saint-Salvy ou encore du Massif Central. Un ensemble reconnu autant pour sa qualité scientifique que pour l'esthétique des spécimens sélectionnés.

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Une première exposition au grand public

Malgré sa réputation dans le monde de la minéralogie, cette collection n'avait encore jamais été présentée au grand public. C'est Marie-Louise Navarro, organisatrice de la Bourse de Millau, qui a convaincu Roger Blanc de sortir une partie de ses trésors de leurs vitrines. "J'ai connu Marie-Louise quand elle avait 17 ans. Elle n'avait même pas le permis, c'est sa mère qui l'amenait chez moi pour voir ma collection. Elle débutait alors que moi j'étais déjà bien avancé, même si j'avais beaucoup moins de pièces qu'aujourd'hui", raconte-t-il. L'événement a même suscité l'intérêt au-delà des frontières françaises. "Des journalistes spécialisés de Barcelone sont venus spécialement découvrir cette collection et réaliser un reportage", souligne Marie-Louise Navarro.

L'incontournable Bourse aux minéraux de Millau

Deuxième plus grande bourse aux minéraux de France, la manifestation millavoise est devenue un rendez-vous incontournable pour les passionnés de géologie et de paléontologie. Avec la venue de quelque 250 exposants venus de quinze pays, installés dans le parc de la Victoire et la salle des fêtes de Millau, les visiteurs pouvaient admirer des milliers de pierres, cristaux, fossiles et météorites venus des quatre coins du monde. Cette 55e édition a également mis à l'honneur d'autres collections d'exception, comme celle de Simon Abi Seeman, propriétaire d'une carrière au Liban réputée pour ses fossiles de poissons et de crevettes, qui présentait notamment de rares ammolites du Canada. Au-delà des stands, le public a pu assister à des démonstrations de taille de pierre, participer à des ateliers et à des fouilles paléontologiques, ou encore suivre des conférences consacrées aux minéraux et aux dinosaures. Une réplique grandeur nature d'un Ouranosaurus et la présence d'une bourse aux échanges pour les collectionneurs amateurs complétaient les animations proposées durant les trois jours de l'événement, qui a rassemblé plus de 3 000 personnes.

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Des pièces choisies avant tout pour leur beauté

Parmi les 1 200 minéraux français qu'il a accumulés, Roger Blanc a retenu plusieurs de ses plus belles pièces : pyromorphites et fluorines de la mine du Beix (Puy-de-Dôme), fluorines et cuivre natif de la mine du Burc (Tarn), un quartz "fenêtre" unique des Pyrénées, une calcite de Trèves (Gard), une fluorine rose du Mont-Blanc ou encore des minéraux de la mine de Valzergues, en Aveyron. "Ce sont des pièces très différentes, représentatives de la variété de ma collection. Je précise qu'elles sont françaises, car il est encore possible de trouver des spécimens plus spectaculaires à l'étranger", indique-t-il. Pour le collectionneur, la valeur d'un minéral ne repose pas uniquement sur sa technicité : "C'est la couleur, le brillant, la forme, la présentation et l'assemblage qui font une belle pièce. Bien sûr, c'est très subjectif. Mais il suffisait qu'un spécimen soit esthétique pour qu'il me plaise", confie-t-il. Après plus de soixante ans à enrichir sa collection, Roger Blanc a ainsi accepté, le temps d'un week-end, d'en ouvrir les portes au grand public.