Loi agricole : ultime vote sous tension entre pro et anti-pesticides
Loi agricole : ultime vote sous tension sur les pesticides

L’Assemblée nationale se réunit ce lundi 20 juillet pour le vote ultime du projet de loi d’urgence agricole. Ce texte de compromis, très attendu par les agriculteurs mais décrié par les défenseurs de l’environnement, fracture la majorité gouvernementale. La principale pomme de discorde concerne la réintroduction à titre dérogatoire de deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne : l’acétamipride et le flupyradifurone. L’adoption finale reste incertaine.

Un texte de compromis qui divise

Le projet de loi, soutenu par le Rassemblement national, les sénateurs centristes et la droite, permet de réintroduire ces deux substances pour une poignée de filières en difficulté. La gauche, minoritaire en commission mixte paritaire, s’y est opposée. La ministre de la Transition écologique Monique Barbut a déclaré samedi à La Tribune Dimanche que la réintroduction de pesticides interdits reste « le principal sujet qui crispe », se disant personnellement opposée à celle de l’acétamipride. En contrepoint, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a affirmé dans le JDD que « faire échouer ce texte par idéologie, calcul ou peur achèverait de désespérer les agriculteurs », appelant à son adoption.

Une réunion de dernière minute au sommet

Plusieurs heures avant l’examen et le vote, le Premier ministre a convoqué une réunion avec les présidents des groupes de la coalition gouvernementale (LR, Horizons, Renaissance, MoDem) ainsi que du groupe centriste Liot, selon des sources parlementaires. Les ministres Monique Barbut et Annie Genevard devraient y participer, selon une source gouvernementale. Cette réunion doit aboutir à un choix clair : être pour ou contre les mesures concernant les néonicotinoïdes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La majorité éclatée sur la question des pesticides

La division est particulièrement nette au sein du groupe Ensemble pour la République (EPR) de Gabriel Attal. Un député LR a confié à l’AFP que Gabriel Attal « pousse depuis deux jours le gouvernement à déposer un amendement de suppression » de l’article portant ces mesures, afin d’éviter d’étaler au grand jour les divisions des députés Renaissance. Côté Horizons, « la plupart des députés semblent favorables au fait de retirer l’acétamipride », selon une source au groupe. Au Modem, « le totem acétamipride continue de questionner certains députés », mais aucune position commune n’a encore été arrêtée. Le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a déclaré dimanche dans Ouest France : « Chacun doit accepter une part de compromis, sinon on risque le blocage. »

Les associations écologistes montent au créneau

L’association Générations Futures a dénoncé « le virage mortifère du Sénat » concernant la réintroduction des pesticides interdits. Par ailleurs, la question de l’eau, notamment de son stockage pour l’irrigation agricole, suscite également des tensions. Plusieurs rassemblements contre la loi d’urgence agricole sont prévus cette semaine en France.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale