Stéphanie Fuster danse Don Quichotte à Nîmes : "Je me quichottise, je transforme ma vie en roman"
Stéphanie Fuster danse Don Quichotte à Nîmes : "Je me quichottise"

Stéphanie Fuster incarne Don Quichotte à Nîmes : "Je transforme ma vie en roman"

La danseuse et chorégraphe Stéphanie Fuster présente son spectacle "Don Quichotte, une femme à la tâche" ce jeudi 26 et vendredi 27 mars à l'Odéon de Nîmes. Accompagnée du chanteur de flamenco Alberto Garcia, elle offre une interprétation personnelle et profonde du célèbre personnage de Cervantès.

"Se quichottiser" : faire de sa vie un roman

Stéphanie Fuster a créé le néologisme "se quichottiser" pour décrire sa démarche artistique. "C'est faire de sa vie un roman, partir dans la fiction, être attiré par le fait de se raconter des histoires et d'en raconter aux autres", explique-t-elle. Elle reconnaît un effet miroir avec le personnage : "Je suis comme lui, j'ai cette tendance à aller vers le récit. Je ne me contente pas de vivre les choses, j'aime les raconter, les partager."

Une mise en scène intime et dialoguée

La chorégraphe précise son approche : "Je ne voulais pas donner ma version du Quichotte, mais montrer ce qu'il a fait dans ma vie, la rencontre avec cette œuvre." Elle décrit le spectacle comme un dialogue entre elle et le personnage, balayant l'œuvre pour s'arrêter aux passages qui font sens dans son existence. "Comment une œuvre nous aide à vivre ? Comment elle me donne de la force pour me lancer ?" s'interroge-t-elle.

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La folie comme courage de se lancer

Ce qui transforme Stéphanie Fuster dans Don Quichotte, c'est "ce que certains appellent sa folie". Pour elle, c'est plutôt "le courage de se lancer, de se déplacer, de sortir de chez lui tard dans sa vie". À 50 ans, le personnage décide de vivre sa vie rêvée, faisant le pari que quelque chose l'attend dehors malgré les moqueries et la violence du monde.

La continuité avec "Gradiva, celle qui marche"

Cette création s'inscrit dans la continuité de son précédent spectacle "Gradiva, celle qui marche". "Dans mes pièces, je travaille sur la mise en mouvement, le désir, ce qui fait qu'on se lance", confie la chorégraphe. Elle aime s'insérer dans la chaîne des personnes inspirées par ces œuvres transformatrices.

L'attrait pour les antihéros et le flamenco

Stéphanie Fuster avoue être "plus attirée par les antihéros". "En ratant tout, il devient éternel. C'est l'ingéniosité de Cervantès", analyse-t-elle. Cette fragilité résonne particulièrement avec le flamenco, qu'elle décrit comme "l'art des perdants". "Tout Quichotte respire le flamenco", affirme-t-elle, soulignant la violence et l'humour communs aux deux univers.

La complicité avec Alberto Garcia

Sur scène, elle est accompagnée du chanteur Alberto Garcia, avec qui elle collabore depuis plus de 20 ans. "C'est un merveilleux chanteur", dit-elle avec admiration. Dans le spectacle, il incarne à la fois Sancho Panza et son propre rôle de chanteur, créant un rapport "plus tendre, plus humain".

Informations pratiques

Le spectacle "Don Quichotte, une femme à la tâche" sera présenté :

  • Jeudi 26 mars à 20h
  • Vendredi 27 mars à 20h
  • À l'Odéon, rue Pierre-Semard à Nîmes
  • Tarifs : de 9€ à 17€
  • Réservations : 04 66 36 65 10

Stéphanie Fuster invite ainsi le public nîmois à partager sa vision intime et flamenca du célèbre chevalier à la triste figure, dans une performance où danse, chant et littérature se rencontrent pour explorer les profondeurs de l'âme humaine.

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