Il y a eu, parmi les jeunes acteurs, deux révélations l'an dernier : Guillaume Marbeck, exceptionnel en Jean-Luc Godard dans « Nouvelle Vague » de Richard Linklater, et Théodore Pellerin, sidérant en jeune homme qui, dans « Nino » de Pauline Loquès, se découvre atteint d'un cancer de la gorge.
Un film bouleversant
Parce qu'il a perdu, raison très explicable par n'importe quel psy, les clés de son appartement, Nino erre un peu flottant trois jours dans Paris, entre l'annonce du diagnostic et la première chimiothérapie. Il dîne chez sa mère, passe dans une soirée, rencontre une ancienne copine de lycée mais tait le mal qui le ronge. Avec ce petit bijou de sensibilité révélé par la Semaine de la Critique, Théodore Pellerin, fils d'une chorégraphe et d'un artiste-peintre à la silhouette androgyne, a mis tout le monde d'accord. Il a décroché en février dernier le César de la révélation masculine.
Cette année, l'acteur québécois de 30 ans revient à la « Semaine » au sein du jury présidé par la cinéaste indienne Payal Kapadia. Depuis Montréal, il nous parle jeu, littérature et parfums d'enfance.
Un talent caché
Interrogé sur ses talents cachés, Théodore Pellerin confie : « Je suis un nageur pas trop médiocre. » Une modestie qui contraste avec son jeu intense et sa capacité à incarner des personnages complexes. Il évoque également son amour de la littérature, qui nourrit son approche du métier d'acteur.
Le comédien se souvient des parfums de son enfance, entre l'atelier de son père et les répétitions de sa mère chorégraphe. Ces souvenirs sensoriels l'aident à plonger dans ses rôles avec une authenticité rare.
Théodore Pellerin incarne une nouvelle génération d'acteurs québécois qui rayonnent sur la scène internationale. Son parcours, de Montréal à Cannes, inspire et promet encore de belles surprises.



