The Ugly : Yeon Sang-ho dévoile le vrai visage du miracle économique sud-coréen
The Ugly : le thriller social de Yeon Sang-ho en salle

Yeon Sang-ho, le réalisateur sud-coréen mondialement connu pour ses films de zombies spectaculaires comme Dernier train pour Busan (2015), Peninsula (2020) et Colony (2025), opère un virage radical avec The Ugly, en salles ce mercredi 29 juillet 2026. Loin des hordes de morts-vivants, il propose un thriller intimiste, social et sombrement allégorique, où la monstruosité n'est pas celle qu'on croit.

Un documentaire déraille

Le film suit Dong-hwan, un réalisateur qui supervise un documentaire sur son père adoré, un maître artisan aveugle de naissance, célèbre dans tout le pays pour la beauté des sceaux qu'il grave à la main. Mais le tournage est brutalement interrompu lorsque la police retrouve les ossements d'une femme qui pourrait être sa mère, disparue et qu'il n'a jamais connue. Poussé par une documentariste y voyant un sujet plus percutant qu'un portrait hagiographique, Dong-hwan mène une enquête familiale.

La laideur comme fardeau social

En interrogeant les proches, il découvre que sa mère, humble employée dans une usine textile, était considérée comme d'une laideur épouvantable. Mais cela justifie-t-il tous les malheurs qu'elle a subis ? Le film reprend le procédé narratif de Rashōmon d'Akira Kurosawa : des témoignages successifs, souvent contradictoires, qui révèlent autant le passé que la manière dont la mémoire collective déforme les individus. Les années 1970 sont le théâtre des flash-back : l'apogée du fabuleux boom économique sud-coréen, une croissance à marche forcée.

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Le prix du miracle

À travers le destin minuscule d'un rouage de l'industrie textile, Yeon Sang-ho montre la violence, la corruption et la toxicité de ce soi-disant miracle. La disparue n'a pas été rejetée seulement pour sa hideur supposée, mais aussi – peut-être surtout – pour son intégrité gênante. Le cinéaste œuvre en moraliste : en cachant le visage de la femme jusqu'à la dernière image, il nous jette dans un puits de réflexion dont on ne sort pas indemne. Tourné en un temps record avec un budget modeste et une petite équipe, The Ugly prouve que Yeon Sang-ho peut faire trembler sans effets spéciaux, juste avec la noirceur de l'âme humaine.

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