The Testaments : Une nouvelle génération pour la dystopie de Margaret Atwood
En 2027, cela fera une décennie que La Servante écarlate, l'adaptation télévisée du roman culte de Margaret Atwood publié en 1985, a fait son apparition sur nos écrans. Cette série dépeignait un monde frappé par l'infertilité, où une partie de l'Amérique, transformée en théocratie totalitaire nommée Gilead, asservissait les femmes fertiles dans un système d'oppression sexiste ultraperfectionné. Son héroïne, June, incarnée par une Elisabeth Moss d'une intensité saisissante, lançait un mouvement de résistance épique baptisé Mayday.
L'adaptation de The Testaments en 2026
En 2026, The Testaments, la suite du roman publiée par Margaret Atwood en 2019, est adaptée à son tour à la télévision. La série met en scène Agnes, interprétée par la talentueuse Chase Infiniti, repérée dans Une bataille après l'autre. Agnes est la fille de June, arrachée à ses parents dans sa petite enfance, adoptée par la famille d'un puissant commandeur, et désormais adolescente.
Une légèreté détonante dans un univers sombre
Au début de la version télévisuelle des Testaments, Agnes fait partie des « prunes », ces jeunes filles qui attendent leurs premières règles pour pouvoir se marier. Elle est éduquée dans un pensionnat sous la direction de tante Lydia, toujours incarnée par Ann Dowd avec une ambiguïté magistrale, une figure centrale du pouvoir dans La Servante écarlate.
Si La Servante écarlate se distinguait par sa noirceur radicale et sa rage incandescente, The Testaments introduit une légèreté inattendue. Loin de l'ambiance fumigène de la série originale, cette suite déploie des couleurs pop : dans le pensionnat, les petites filles portent du rose pastel, les adolescentes du violet psychédélique, et les « perles » de l'ivoire éclatant. Parmi ces nouvelles recrues, Daisy, jouée par Lucy Halliday, une espionne de Mayday envoyée par June depuis Toronto, va semer le chaos.
Un féminisme acidulé par l'esprit adolescent
La série est portée par un esprit de pure adolescence qui acidule son féminisme sans le dénaturer. La mort et la torture sont perçues à travers le kaléidoscope des fièvres adolescentes : les séances de punition deviennent des « défouloirs », les dialogues sont cinglants et humoristiques, les gestes électriques. On évoque la littérature de Laura Kasischke ou l'esprit des films de Sofia Coppola.
- La libido des jeunes filles se heurte aux carcans d'un monde puritain.
- Le cœur est amer, l'enveloppe sucrée, créant une expérience vivifiante.
- Le côté teen movie réjouit l'œil et réveille l'esprit.
Des limites dans l'intrigue
Seul bémol, la naïveté des héroïnes semble parfois contaminer l'intrigue, la rendant moins retorse et plus prévisible que celle de La Servante écarlate. Cependant, le regard acéré de Margaret Atwood sur les dérives des sociétés patriarcales est préservé. The Testaments tient ses promesses en offrant une suite fidèle à l'esprit de l'œuvre originale.
Réalisée par Bruce Miller, la série The Testaments est disponible sur Disney+, invitant les téléspectateurs à découvrir cette nouvelle vision de Gilead, à la fois rafraîchissante et profondément engagée.



