The Best Immigrant : la téléréalité dystopique qui dérange
The Best Immigrant : téléréalité dystopique dérangeante

Dès le 3 juillet, France.tv diffuse The Best Immigrant, une série dystopique belge en cinq épisodes de 45 minutes. Son pitch est cauchemardesque : dans une émission de téléréalité, des candidats d'origine étrangère s'affrontent dans des épreuves pour remporter un titre de séjour officiel. Les perdants sont immédiatement expulsés vers leur pays de naissance.

Une dystopie qui résonne avec l'actualité

La série a été ovationnée lors de sa première présentation au festival Séries Mania de Lille, le 24 mars. L'histoire débute avec la victoire électorale d'un parti d'extrême droite flamand, le VPV, qui remporte 51 % des suffrages et déclare l'indépendance de la Flandre. Le nouveau président Peeters annonce alors l'expulsion de toute personne née hors du territoire.

Les créateurs Christiana Poppe et Raoul Groothuizen précisent que chaque épisode s'ouvre sur un message : « Cette histoire n'est pas basée sur des faits réels, mais sur une réalité qui s'en rapproche un peu trop. » Une allusion aux montées des extrêmes droites dans le monde.

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Des personnages victimes d'un système absurde

Parmi les candidats, on suit Muna (Jennifer Heylen), une jeune enseignante soudanaise, et Jamal (Farouk Jomâa Naoui Ben Ali), professeur de gym libyen. Parfaitement intégrés, ils sont pourtant menacés d'expulsion uniquement en raison de leur lieu de naissance. La série dénonce ainsi la déshumanisation progressive des étrangers.

Les codes de la téléréalité poussés à l'extrême

The Best Immigrant détourne les codes de la téléréalité avec un présentateur raciste et suffisant. Il lance des répliques comme : « Les participants devront montrer qu'ils sont plus flamands qu'une carbonade » ou « Vous vous êtes rasé votre barbe de terroriste ? ». La productrice, prête à tout pour l'audience, et une voix off qui taclent les perdants complètent le tableau.

Un pamphlet humaniste qui interpelle

La série rappelle des œuvres comme Le Prix du danger (1983) d'Yves Boisset, Squid Game ou Black Mirror. Elle dénonce le cynisme de la téléréalité et la banalisation du regard sur l'autre. « The Best Immigrant fait plus qu'interpeller : cette chronique de la haine de l'autre ordinaire en forme de pamphlet humaniste dérange au plus haut point », soulignent les critiques. Son but est atteint.

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