Le film Sauvons les meubles, premier long métrage de Catherine Cosme, jeune cheffe décoratrice césarisée, aborde des sujets graves et complexes avec beaucoup de sensibilité et un sourire léger. Tourné en grande partie à Montclus, dans le Gard, ce long métrage parvient à traiter de la fin de vie, des dettes et des liens familiaux avec une sincérité désarmante.
Une histoire simple mais profonde
Lucile, interprétée par Vimala Pons, est une photographe réputée installée à Paris. Un jour, elle reçoit un appel qui bouleverse sa vie : sa mère, Colette (Guilaine Londey), est gravement malade. Lucile doit retourner dans sa maison natale, un petit coin de paradis dans une nature bucolique. Elle y retrouve son père rêveur (Jean-Luc Piraux), son petit frère Paul (Yoann Zimmer) qui n'a jamais quitté la région, et sa mère alitée qui nie l'évidence de sa fin imminente.
Très vite, Lucile et Paul découvrent que leur mère est non seulement en phase terminale, mais aussi couverte de dettes. Pour contracter de nouveaux prêts, elle a même usurpé l'identité de sa fille. Le titre Sauvons les meubles prend alors tout son sens : littéralement, il s'agit d'empêcher les créanciers de saisir les biens de la famille ; spirituellement, il est question de préserver quelque chose de bien plus précieux.
Un film entre humour et émotion
Catherine Cosme s'est largement inspirée de sa propre histoire familiale pour écrire ce film. Scénographe, metteuse en scène de théâtre et cheffe décoratrice d'origine avignonnaise, elle avait déjà été césarisée pour L'Inconnu de la Grande Arche. Avec Sauvons les meubles, elle signe une comédie dramatique qui parle de la mort, du déni, de la colère, du chagrin, de l'acceptation et de la consolation avec une grande retenue et une légèreté parfaitement accordée à la vérité nue de ces moments.
Le film doit beaucoup à l'interprétation de Vimala Pons, récemment césarisée pour L'attachement. La comédienne et circassienne déploie une palette de couleurs émotionnelles qui dessinent l'arc-en-ciel narratif du film. On la suit, on essuie une petite larme, mais jusqu'au bout, un sourire léger demeure.
Un premier film prometteur
Bellement filmé et finement écrit, Sauvons les meubles est un premier long métrage prometteur. Il parvient à dire la complexité de notre appréhension de la mort tout en offrant des moments de grâce et d'humour. Un film humble, sincère et lumineux qui mérite d'être vu.



