La 27e édition de Saperlipopette, le festival pour petits et grands de Montpellier, se tient ces samedi 9 et dimanche 10 mai au Domaine d’O. Même si l’on n’a pas d’enfant, on y fonce pour quelques super spectacles et l’ambiance ! Si mûrir est à la portée de tout le monde, pour un festival culturel, c’est une autre histoire, surtout par les temps qui courent (ou qui boitent – à voir) car mûrir c’est durer et durer… c’est dur. Mais mûrir sans vieillir, comment dire ? C’est pourtant l’exploit réussi par Saperlipopette : le festival qui va fêter tout de même ses 27 ans ce week-end à Montpellier fait preuve d’une fraîcheur qui ne laisse pas de réjouir, et donne envie de le fréquenter bien au-delà de l’âge cible. Mais c’est bien fichu : si sa programmation, toujours de grande qualité, s’adresse en priorité aux petits, elle n’exclut jamais les grands, qu’ils soient parents, militants ou juste sympathisants de l’enfance.
Un film créé en direct
En témoigne particulièrement notre coup de cœur de cette 27e édition, Dark Circus, à voir au théâtre Jean-Claude Carrière (samedi et dimanche, à 14 h et à 17 h) : les plasticiens et musiciens Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet manipulent en direct fusains, feutres, sables, papiers, silhouettes en carton, instruments de musique et vidéo-projecteurs pour faire surgir de l’obscurité un lumineux film d’animation mi-Méliès mi-Burton, en noir et blanc, sur une histoire originale échappée de l’esprit fécond mais pas sot de Pierre Élie Ferrier (alias Pef, génial créateur du Prince de Motordu !). Dans l’idéal, soyons fous, faisons l’enfant, on ira le voir deux fois : une fois pour se régaler de l’histoire, une autre pour se repaître de sa fabrication à vue !
Les deux spectacles à l’Amphithéâtre d’O
Les deux spectacles prévus à l’Amphithéâtre d’O sont également des rendez-vous incontournables quel que soit son âge. En ouverture, Ce que le jour doit à la vie (samedi et dimanche, à 11 h 30) est ainsi une pièce chorégraphique d’Hervé Koubi d’une petite trentaine de minutes sur la quête des origines méditerranéennes, portée par douze danseurs de la cellule d’excellence de l’école montpelliéraine Epsedanse (dirigés par Houssni Mijem). En clôture, la très spectaculaire création mise en scène et chorégraphiée par Aurélie Dauphin pour la compagnie T’es rien sans la Terre, Petit frère (samedi et dimanche à 18 h 30) réunit cinq acrobates passés par les pistes les plus prestigieuses (Circus Baobab, Cirque du Soleil, Cirque mandingue de Guinée, Circo Fantazztico de Costa Rica) pour une allégorie vertigineuse et renversante des frontières géographiques, physiques et psychiques qu’il faut surmonter pour se (re) trouver.
La danse des sacs plastiques
Sous le chapiteau bleu, on ne loupera (surtout) pas L’après-midi d’un fœhn – version 1, de la compagnie Non Nova (samedi et dimanche, à 11 h 30, 14 h et 16 h) : sur la musique de Debussy, revisité par Ivan Roussel, on y assistera, médusés, émerveillés, au séraphique ballet aérien de sacs en plastique à la silhouette humanoïde orchestré par la jongleuse, performeuse et chorégraphe Phia Menard, avec l’aide de ventilateurs disposés en bord de piste. Dans le studio de répétition du théâtre Jean-Claude Carrière, cette fois pour un public plus spécifiquement minot (dès 3 ans), on découvrira la nouvelle création de la compagnie Moitié-Mitat, La rapine ou l’art de faire des nœuds de rôti (samedi et dimanche, à 11 h 30 et 15 h 30), un conte musical, poétique et bruité donné en français et en occitan.
Pour les tout-petits
Enfin, dernier spectacle payant et création de la Cité européenne du théâtre à voir à la Cabane d’O (samedi et dimanche, à 11 h 30, 13 h 15 et 15 h 30), Flotante d’Azul Borenstein et Natalia Chami est une installation sensorielle mêlant marionnettes suspendues et musique originale, spécialement conçue pour les bébés dès 6 mois et les enfants jusqu’à 4 ans. Pour le coup, malgré toute notre bonne volonté, on sera trop vieux mais toujours contents d’être dans les parages de leurs émerveillements, non ?
Des rendez-vous gratuits et en entrée libre
Outre les spectacles payants présentés ci-dessus (aux tarifs très abordables : 4 € à 10 €), Saperlipopette, c’est aussi des ateliers en entrée libre : à la découverte des arts du cirque avec Balthazar, polyphonies occitanes avec la cie du Zézargo, danse avec Epsedanse, sensibilisation à l’énergie solaire avec Sunny Nuts. C’est également des arts plastiques et des jeux avec le MO.CO. et Strata’J’M Sud, et un espace librairie. C’est enfin des spectacles gratuits : Tandem, une paire de clowns de la cie Là-Haut (samedi et dimanche entre 14 h 15 et 16 h 30) ; La boîte, un spectacle du collectif Le Baril (samedi et dimanche à 17 h 15) et Pour hêtre, un duo acrobatique et sylvestre de la cie Léto.



