Jean-Paul Salomé dévoile les influences cinématographiques de L'Affaire Bojarski
Salomé révèle les films qui ont inspiré L'Affaire Bojarski

Le succès inattendu d'un film sur un génie de la fausse monnaie

Sorti le 14 janvier dernier, L'Affaire Bojarski de Jean-Paul Salomé connaît un succès remarquable avec plus de 650 000 spectateurs. Ce dixième long-métrage du réalisateur raconte l'histoire fascinante de Jan Bojarski, surnommé le « Cézanne de la fausse monnaie », traqué pendant plus de vingt ans par le commissaire André Mattei, incarné par Bastien Bouillon. Face à cet accueil enthousiaste, Jean-Paul Salomé s'est confié sur les influences cinématographiques qui ont nourri son œuvre et sur la popularité paradoxale des faux-monnayeurs dans l'imaginaire collectif.

Un succès au box-office qui pourrait atteindre le million

Jean-Paul Salomé exprime sa satisfaction face aux résultats impressionnants de son film. « On ne peut jamais prédire la manière dont un film va être reçu. Mais je me réjouis beaucoup de ces résultats au box-office », confie-t-il. Si la tendance se maintient, L'Affaire Bojarski pourrait avoisiner le million de spectateurs d'ici la fin de son exploitation, ce qui en ferait l'un des plus grands succès de sa carrière, après Belphégor, le fantôme du Louvre sorti en 2001.

Les origines du projet et le travail de documentation

L'idée du film est née d'une proposition de son producteur, Jean-Baptiste Dupont, qui lui a présenté un scénario de Marie-Pierre Huster explorant les relations père-fils à la Banque de France dans les années 1960. « J'ai trouvé plus intéressant d'en faire le personnage principal », explique Salomé, qui a retravaillé le script avec son coscénariste Bastien Daret. Leur plongée dans les archives a révélé la figure du policier traquant Bojarski, donnant naissance au personnage d'André Mattei.

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Les influences cinématographiques : de Melville à Becker

Pour préparer son film, Jean-Paul Salomé s'est immergé dans l'univers des polars des années 1950-1960. Il cite notamment :

  • Le cave se rebiffe
  • Razzia sur la chnouf
  • Du rififi chez les hommes
  • Touchez pas au grisbi

« Des images ont dû se sédimenter en moi », reconnaît le réalisateur, qui assume deux filiations majeures : celle avec Jacques Becker pour Touchez pas au grisbi et l'influence de Jean-Pierre Melville pour Le Cercle rouge. Ces références ont notamment inspiré les séquences se déroulant dans le bar de Pigalle.

La fascination pour les faux-monnayeurs : des antihéros modernes

Jean-Paul Salomé analyse la popularité des faussaires dans la culture populaire : « Ils fascinent le grand public, c'est indéniable. Il faut dire qu'ils ont un côté Robin des Bois ». Ces délinquants ne mettent personne en danger direct, à part leur famille et... la Banque de France. Bojarski lui-même distribuait aux nécessiteux les produits achetés avec ses faux billets, renforçant cette image de justicier.

La singularité de Jan Bojarski : un génie discret

Ce qui fascine particulièrement Salomé chez Bojarski, c'est sa simplicité. « Cet homme est d'autant plus intéressant qu'il est resté Monsieur Tout-le-Monde ». Contrairement aux stéréotypes du grand banditisme, il n'a pas acheté de grosses voitures ou de fourrures avec l'argent de ses faux billets. Sa motivation première était le défi technique : comprendre et reproduire parfaitement les mécanismes de fabrication des billets.

Les réactions de la famille et les difficultés de production

Le tournage a présenté certains défis. La Banque de France, après un contact initial prometteur, a finalement pris ses distances avec le projet. « Je pense que l'idée d'être associé à un film qui parle d'un faux-monnayeur n'entrait pas dans leur plan de communication », explique Salomé.

La rencontre avec Anne Bojarski, fille du faussaire, a été un moment important. « J'ai donc été très heureux qu'Anne Bojarski comprenne que notre projet était de comprendre son père ». La famille a souffert de cette histoire, mais a reconnu la démarche respectueuse du film.

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Un héritage cinématographique qui perdure

Aujourd'hui, les faux billets produits par Bojarski se vendent entre 7 000 et 10 000 euros, et le film contribue à faire monter leur valeur. Jean-Paul Salomé conclut sur la dimension métaphorique de son sujet : « Il y a une déconnexion aujourd'hui entre la création de valeur et la production de biens matériels classiques. Le factice y est aussi source de richesse ». Une réflexion qui résonne particulièrement dans nos économies dématérialisées contemporaines.