Le Ciné des possibles d'Uzès accueille "I am Gitmo" de Philippe Diaz
Ce jeudi 12 mars à 18 heures au Capitole, le Ciné des possibles, en collaboration avec La Libre-Pensée et Amnesty International Gard Rhodanien, propose une projection exceptionnelle du film "I am Gitmo" du réalisateur Philippe Diaz. Cet événement cinématographique engagé promet de susciter des réflexions profondes sur les droits humains.
Une fiction troublante basée sur des faits réels
Le long-métrage raconte l'histoire poignante d'un instituteur afghan arrêté peu après les attentats du 11 septembre 2001. Dénoncé par son voisin, il est remis à la CIA puis transféré à la tristement célèbre prison de Guantanamo. Là-bas, il subit interrogatoires et tortures tout en continuant de clamer son innocence. Son principal interrogateur détient paradoxalement la clé de sa liberté.
Philippe Diaz a mené un travail de recherche approfondi pour ce projet : "Environ 800 personnes ont été envoyées à Guantanamo et après avoir analysé des centaines de cas, je me suis rendu compte qu'ils passaient tous par le même processus. J'ai rencontré d'anciens détenus, des soldats, des traducteurs, des avocats. Le film est une fiction basée sur des faits réels."
Un parcours cinématographique remarquable
Philippe Diaz, réalisateur et producteur franco-américain, possède une carrière cinématographique exceptionnelle. Il tourne son premier film à seulement 12 ans, crée sa société de production à 18 ans et fonde sa société de distribution à 20 ans. En 1986, il produit "Mauvais sang" qui lance la carrière de Juliette Binoche.
À 30 ans, en profond désaccord avec la gestion du cinéma en France, il s'installe aux États-Unis où il fonde une société spécialisée dans les films socio-politiques. Sa société "Cinéma Libre Studio" a produit ou distribué plus de 200 films à ce jour.
Retour en France et installation à Uzès
Après 35 ans d'indépendance aux États-Unis, Philippe Diaz explique son retour en France : "On a gardé notre indépendance pendant 35 ans mais le cinéma a changé, plus l'arrivée de Trump, ont fait que j'ai eu envie de revenir en France."
Il a découvert Uzès il y a 35 ans : "J'avais besoin d'être au calme pour écrire des scénarios et j'ai acheté une maison ici." Depuis six mois, il développe un projet de création de société de production et réalisation à Uzès, affirmant : "J'ai toujours voulu créer un pont entre les États-Unis et l'Europe."
Reconnaissance internationale et engagement éditorial
"I am Gitmo" a été sélectionné au 18e Festival international du film de Marbella où il a été nominé pour le prix du meilleur film, meilleur réalisateur, et a reçu le prix du meilleur acteur. Le film est actuellement en sélection au 12e festival d'Amnesty International : Cinéma pour les Droits humains.
Parallèlement à son activité cinématographique, Philippe Diaz a créé une maison d'édition nommée Dissidence, qui sortira son premier livre en avril sur le thème du nucléaire. Il précise sa philosophie : "On fait des films pour faire changer les choses. Il y en a qui ont fait changer les lois. I am Gitmo montre comment fonctionnent les États-Unis."
Un événement complet avec échanges et rencontres
La projection sera suivie d'un temps d'échanges enrichissant avec le réalisateur Philippe Diaz et la productrice du film, puis d'un moment convivial autour d'un pot. Cette initiative du Ciné des possibles, en partenariat avec La Libre-Pensée et Amnesty International Gard Rhodanien, s'inscrit dans une démarche de cinéma citoyen et engagé.
L'acteur principal Sammy Sheik, présent sur le tournage, contribue à la puissance narrative de ce film qui dénonce les dérives du système de détention de Guantanamo tout en explorant les mécanismes de résistance humaine face à l'injustice.



