Niels Schneider s'impose comme l'un des acteurs français les plus prometteurs de sa génération. En 2026, il prouve sa versatilité en incarnant trois rôles radicalement différents : le général Leclerc dans J'écris ton nom, un mari autoritaire dans le film biographique de Géraldine Nakache, et surtout un photographe perturbé dans L'Inconnue d'Arthur Harari, en salles ce mercredi après son passage à Cannes. Ce dernier rôle, une adaptation de bande dessinée écrite par Arthur Harari avec son frère Lucas Harari, le montre méconnaissable et fascinant.
Un body swap envoûtant signé Arthur Harari
Dans L'Inconnue, Niels Schneider incarne David, un photographe mal dans sa peau qui se réveille un matin dans le corps de la jeune femme avec laquelle il a passé une nuit d'amour. Ce thème du changement de corps, ou « body swap », est traité de manière intrigante par le réalisateur du Procès Goldman et d'Onoba, qui s'essaye ici à un nouveau genre avec un conte envoûtant. L'acteur y apparaît échevelé, barbu et amaigri, donnant la réplique à Léa Seydoux et Valérie Dréville, toutes deux épatantes.
« Au naturel, Niels est un garçon tellement beau et athlétique, éclatant de vitalité, précise le cinéaste. David, qu'il incarne ne pouvait pas être comme ça. » Cette transformation physique est essentielle pour rendre crédible le personnage, un homme figé qui refuse le changement, comme le souligne l'acteur lui-même.
Un jeu fascinant sur l'identité
« Le travail d'acteur est passionnant pour toutes les questions que génère l'identité, confiait Niels Schneider à Cannes. Notre identité n'est pas figée. Le film pose la question de savoir de quoi on est constitué. » Ce questionnement identitaire est au cœur du film, qui plonge le spectateur dans un univers riche en faux-semblants, où l'on ne sait plus vraiment qui est qui. C'est ce qui fait le charme de ce film vénéneux, très éloigné d'Anatomie d'une chute pour lequel Arthur Harari a remporté un Oscar du scénario en binôme avec Justine Triet.
« Mon personnage est un homme figé qui n'accepte pas le changement », précise Niels Schneider. Le bouleversement qu'il va connaître est on ne peut plus perturbant. « Je me suis demandé qui était la femme dont j'occupe le corps, dit-il. Sa personnalité m'importait plus que le fait qu'elle soit une femme. » Cette approche singulière permet au spectateur d'adhérer pleinement à la mécanique du film, qui évite la facilité en restant ancré dans le réel.
Une méthode simple mais exigeante
La méthode de Niels Schneider semble étonnamment simple : « Tout est une question de croyance, de savoir si je peux croire à ce que je joue, confie-t-il. Le défi était qu'on puisse voir l'âme du personnage, pas une fabrication mais une révélation. » Cette exigence lui permet d'avancer sereinement sur le chemin du succès en multipliant les expériences.
« A-t-on besoin du regard de l'autre ? », demande l'acteur. Celui que les cinéastes portent sur lui n'a pas fini de révéler les multiples facettes de son talent. L'Inconnue en est une démonstration éclatante, confirmant que Niels Schneider a les épaules pour accéder aux plus hautes marches du podium.



