À partir du 7 mai, la Cinémathèque de Nice rendra un hommage poignant à Nathalie Baye, disparue le 17 avril dernier. La séance, qui débutera à 14h, proposera la projection de « La Nuit américaine » de François Truffaut, suivie d’un entretien filmé de 75 minutes réalisé par le journaliste Henry-Jean Servat. Ce dernier, également adjoint au maire de Nice délégué au patrimoine cinématographique, a recueilli le témoignage sincère de l’actrice en 2019, à l’occasion du centenaire des studios de la Victorine. La rétrospective se poursuivra jusqu’au 28 mai, avec des films comme « La Balance », « La Fleur du mal » et « Une semaine de vacances ».
Le déclic niçois de Nathalie Baye
Pour Nathalie Baye, Nice a été bien plus qu’une simple étape : c’est là que son destin a basculé. Dans le film « Nathalie Baye à Nice », projeté lors de la première séance, elle raconte comment, à 25 ans, elle ne connaissait « strictement rien » au cinéma, étant « totalement branchée théâtre ». C’est sous la direction de François Truffaut, sur le tournage de « La Nuit américaine », qu’elle a vécu un véritable déclic. Interprétant Joëlle, la script-girl inspirée de Suzanne Schiffman, elle a d’abord été tétanisée par les rushes, se trouvant « horrible, mauvaise ». Pourtant, Truffaut ne l’a pas renvoyée, et elle a peu à peu « lâché prise sur le paraître », tombant amoureuse du cinéma dans le huis clos des studios.
Des racines azuréennes
Le lien de Nathalie Baye avec la Côte d’Azur ne date pas de ce tournage. Elle avait étudié la danse à Monaco puis à Nice, et son véritable premier film, « Brève rencontre » (1972), avait été tourné en Principauté sous la direction de Robert Wise. Pendant « La Nuit américaine », elle partageait une maison avec Jacqueline Bisset, avec qui elle a noué une complicité durable. L’ambiance de « famille » aux studios de la Victorine, où l’on travaillait le jour sous la fausse neige et faisait la fête le soir, est restée pour elle une parenthèse enchantée. Même les nuisances sonores des avions de l’aéroport voisin font partie de la légende.
Un tremplin vers les plus grands
Le personnage de Joëlle, avec sa « raideur un peu nunuche », a paradoxalement attiré l’attention des plus grands cinéastes. Nathalie Baye confie que sans ce passage par Nice, sa carrière n’aurait peut-être pas croisé celles de Maurice Pialat ou Jean-Luc Godard aussi rapidement. Pialat, après avoir vu « La Nuit américaine », l’a convoquée pour dénigrer le film de Truffaut pendant vingt minutes… avant de lui offrir un rôle. Preuve que sa prestation à la Victorine avait marqué les esprits.
Une rétrospective riche
En parallèle de cette première séance, un hommage sera rendu à l’actrice Nadia Farès, disparue le même jour. La rétrospective se poursuit jusqu’au 28 mai avec plusieurs projections : le 14 mai à 16h, « La Balance » de Bob Swaim ; le 26 mai à 16h, « La Fleur du mal » de Claude Chabrol ; et le 28 mai à 14h, « Une semaine de vacances » de Bertrand Tavernier. Les séances sont à 3,50 euros, ou 15 euros pour un carnet de 5 séances. Rendez-vous au Cinéma Megarama Nice Vauban, www.cinematheque-nice.com.



