Reinhold Messner : « Je me sens coupable d’avoir survécu » face à la caméra de Werner Herzog
Messner : coupable d’avoir survécu, devant Herzog

Dans un entretien filmé par le célèbre cinéaste Werner Herzog, l’alpiniste Reinhold Messner, 81 ans, revient sur la tragédie du Nanga Parbat en 1970, où son frère Günther a perdu la vie. « Je me sens coupable d’avoir survécu », confie-t-il, une déclaration qui résonne comme un aveu longtemps retenu.

Un témoignage rare et émouvant

Les images ont été tournées dans le Tyrol du Sud, au domicile de Messner, à l’occasion d’un projet documentaire de Herzog intitulé Le Survivant. L’alpiniste, souvent présenté comme un héros, se livre sans fard. « Chaque jour, je pense à Günther. Il avait 24 ans. Moi, j’ai vécu plus de cinq décennies supplémentaires. C’est une injustice que je porte », ajoute-t-il. Le film doit sortir en 2027, cinquante-sept ans après le drame.

Les faits : l’expédition fatale de 1970

Le 27 juin 1970, Reinhold et Günther Messner réussissent la première ascension du versant Rupal du Nanga Parbat, l’un des sommets les plus redoutables de l’Himalaya. Mais la descente tourne au cauchemar : épuisé, Günther est victime d’une avalanche. Reinhold, grièvement blessé, survit après avoir erré plusieurs jours dans la montagne. Sur les 31 alpinistes ayant tenté l’ascension cette année-là, 11 ont péri, dont Günther.

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Herzog : un regard de cinéaste sur la culpabilité

Werner Herzog, connu pour ses documentaires obsessionnels, a suivi Messner pendant plusieurs jours. « Reinhold porte un poids immense. Sa survie est un miracle, mais aussi une malédiction », explique Herzog dans un communiqué. Le cinéaste a utilisé une caméra à haute résolution pour capturer les moindres expressions de l’alpiniste. Selon les producteurs, le film comporte 80 % d’entretiens et 20 % d’images d’archives.

Un tabou brisé

Messner avait jusqu’ici toujours minimisé son sentiment de culpabilité en public. « On m’a élevé dans l’idée qu’un homme ne pleure pas, ne montre pas ses faiblesses. Mais avec Herzog, j’ai senti que je pouvais parler », confie-t-il. Ce documentaire s’inscrit dans une série de projets récents où Messner revisite son passé, notamment un livre à paraître en 2027.

Réactions et impact

L’annonce de ce documentaire a déjà suscité un vif intérêt dans le milieu de l’alpinisme. L’historien Klaus Burtscher, spécialiste de l’Himalaya, estime que « cet aveu public pourrait changer la perception de Messner, souvent vu comme un surhomme. Il montre une fragilité humaine universelle ». Le film sera présenté en avant-première au Festival du film de montagne de Trente en avril 2027.

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