Le réalisateur iranien Massoud Bakhshi revient sur son dernier film, Toutes mes sœurs, présenté en compétition au Festival de Cannes. Dans cet entretien, il explique sa volonté de montrer les contradictions de l'Iran contemporain, un pays tiraillé entre traditions séculaires et aspirations modernes.
Un film miroir de la société iranienne
Bakhshi confie avoir voulu « essayer de montrer toutes les contradictions de l'Iran ». Son film suit plusieurs femmes de différentes générations, confrontées aux pressions sociales et religieuses. « Je voulais capturer cette dualité : d'un côté, une société très conservatrice, de l'autre, des individus qui aspirent à la liberté », explique-t-il.
Des personnages féminins au cœur du récit
Le réalisateur met en avant des héroïnes complexes, loin des clichés. « Les femmes iraniennes sont incroyablement fortes. Elles doivent composer avec des règles strictes tout en trouvant des espaces de liberté. » Le film montre comment elles négocient leur place dans un système patriarcal.
Bakhshi utilise une narration non linéaire pour refléter le chaos et les paradoxes du quotidien en Iran. « La structure du film est volontairement fragmentée, comme la vie là-bas. »
Une critique subtile du régime
Sans être ouvertement politique, Toutes mes sœurs dresse un portrait sans concession de la République islamique. « Je ne fais pas de propagande, je montre juste la réalité. Le spectateur jugera par lui-même. » Le film a été tourné clandestinement en partie, car certains sujets restent tabous en Iran.
Le réalisateur espère que son œuvre ouvrira un dialogue. « Le cinéma peut être un pont entre les cultures. Je veux que les Occidentaux comprennent la complexité de l'Iran, au-delà des clichés. »
Une réception internationale prometteuse
Présenté à Cannes, le film a reçu un accueil critique enthousiaste. Les journalistes ont salué la mise en scène audacieuse et la profondeur des personnages. Bakhshi reste prudent : « Je suis heureux de cette reconnaissance, mais le plus important est que le film touche le public iranien. »
Avec Toutes mes sœurs, Massoud Bakhshi signe une œuvre puissante qui interroge les paradoxes de son pays, tout en rendant hommage à la résilience des femmes iraniennes.



