Le retour de LOL 2.0 et la montée des algo-babies au cinéma
Les nostalgiques des années 2000 trépignent à l'idée de revoir Sophie Marceau incarner Anne, la petite sœur de Lola, dans LOL 2.0, qui fait son grand retour sur les écrans ce mercredi. Le film réunit une brochette d'anciens acteurs, mais aussi de nouvelles têtes, comme l'influenceuse Paola Locatelli. Cependant, à quelques jours de la sortie, un vif débat agite les internautes : les influenceurs voleraient-ils les places des vrais acteurs ? On ne parle plus ici de nepo-babies, mais plutôt d'algo-babies, ces créateurs propulsés par leurs statistiques sur les réseaux sociaux.
Paola Locatelli et Just Riadh : des influenceurs qui conquièrent le 7e art
Paola Locatelli, avec ses 1,9 million d'abonnés sur Instagram, et Just Riadh, de son vrai nom Riadh Belaïche, s'essayent au cinéma depuis quelque temps. Récemment, ils ont partagé l'affiche de N121 Bus de nuit, et Paola Locatelli est également à l'affiche de LOL 2.0. À 21 ans, elle attire les producteurs grâce à sa communauté massive, apparaissant dans des films comme Rapide ou Les Liaisons Dangereuses. Et ils ne sont pas les seuls : Lena Situations devrait bientôt figurer dans une comédie d'horreur, tandis qu'aux États-Unis, Addison Rae a décroché un premier rôle. La liste s'allonge, témoignant d'une tendance où le cinéma offre une place de choix aux algo-babies.
Le terme algo-babies et ses implications
Le terme algo-babies, inspiré de nepo-babies, a été créé et popularisé début janvier par Romane Daily, une créatrice de contenus spécialisée en cinéma. Elle explique : « C'est un influenceur qui aurait certains privilèges grâce à sa notoriété et son nombre d'abonnés. Il a accès plus facilement aux mondes fermés de la musique, du cinéma ou encore du journalisme. » Ainsi, ces créateurs sont propulsés au grand écran non par un réseau familial, mais par l'algorithme, c'est-à-dire leurs stats sur les réseaux sociaux. Pour les producteurs, le calcul est simple : plus de buzz et de visibilité grâce aux followers, ce qui augmente les chances de remplir les salles et de financer les projets. Maya Hawke, fille d'Uma Thurman et d'Ethan Hawke, a même révélé que certains producteurs exigent un quota collectif de followers Instagram pour financer un film.
La question de la légitimité et les critiques
Romane Daily s'interroge sur le sens artistique de ces choix : « Faire venir des influenceurs, c'est plus de la communication et du marketing. On transforme les critères de sélection pour intégrer des personnes qui ne font pas partie du monde de l'art du spectacle... » Elle souligne que prendre un premier rôle sans expérience peut être problématique, car cela instaure une logique de course aux followers pour les comédiens. Du côté des critiques, les acteurs en quête de rôles dénoncent ces pratiques qui privilégient la notoriété sur l'expérience. Paola Locatelli a alimenté le débat en affirmant ne pas avoir volé la place à personne, se disant légitime, tandis que Just Riadh a confirmé qu'ils n'étaient pas là par hasard. Cependant, les internautes restent sceptiques, avec des commentaires comme : « Perso, c'est frustrant quand tu veux vraiment devenir acteur et que tu te donnes les moyens pour le faire... et j'ai jamais rien parce que j'ai pas 3 millions d'abonnés. »
La réaction du public et l'impact sur le cinéma
Les compétences, la formation théâtrale et la passion pour l'art du cinéma passent souvent au second plan face à la viralité apportée par les influenceurs. Bien que cela soit un atout marketing indéniable, Romane Daily y voit une menace pour le cinéma. Les influenceurs peinent à convaincre le public, comme en témoignent les critiques sur Letterboxd. Pour le film Rapide, une spectatrice écrit : « Le jeu d'acteur de Paola est à mourir de rire mais quel désastre s'il vous plaît. » Pour N121 Bus de nuit, un autre commentaire note : « Ça se bat avec Silent Hill pour le flop 2026. Affligeant de nullité. Des stéréotypes en veux-tu en voilà et Paola Locatelli n'est toujours pas une bonne actrice. » Ces réactions montrent que, malgré leur notoriété, les algo-babies doivent encore prouver leur légitimité sur le grand écran.



