« L’Objet du délit », le nouveau film d’Agnès Jaoui, sorti en salle le 25 mai, déçoit par son écriture automatique et ses personnages caricaturaux. La réalisatrice, fidèle à son style mêlant choc des cultures et flegmatisme amusé, s’attaque cette fois aux coulisses d’un opéra monté pour des raisons douteuses par une équipe d’âmes en peine : un compositeur pleutre, un ténor odieux et une metteuse en scène simplette.
Un scénario boursouflé de gimmicks
Le film, qui se veut une étude de caractère finement troussée, vire à l’addition pesante de bons mots et de formules toutes faites. Les personnages, inéquitablement trempés par l’ironie ambiante, s’enkystent dans un marigot de clichés sociologiques et de gimmicks faisandés. Daniel Auteuil, en particulier, est réduit à un running gag sur pattes tout au long du métrage.
Un traitement embarrassant de sujets graves
Le niveau de fatuité, la désinvolture et l’aveuglement du film sont pour le moins embarrassants, surtout lorsque la réalisatrice relègue le harcèlement sexuel au rang de simple caprice nerveux. Malgré la présence d’Eye Haïdara et d’autres comédiens talentueux, « L’Objet du délit » pèche par son écriture paresseuse et son manque de profondeur.
En résulte une comédie qui, au lieu de faire rire ou réfléchir, accumule les poncifs et les facilités. Un rendez-vous manqué pour Agnès Jaoui, dont on attendait mieux.



