« Les voyages de Tereza » : une odyssée amazonienne de rébellion et de liberté au grand écran
« Les voyages de Tereza » : une odyssée de rébellion au cinéma

« Les voyages de Tereza » : une pépite cinématographique brésilienne qui célèbre la rébellion et la vie

Moins de deux mois après le remarqué L’agent secret de Kleber Mendonça Filho, le Brésil nous offre à nouveau un joyau du septième art avec « Les voyages de Tereza » de Gabriel Mascaro. Ce film, originaire de Récife dans le Pernambouc, se présente comme une merveilleuse contre-dystopie, à la fois politique et sensorielle, qui affirme avec force la possibilité du renouveau dans le vieillissement et la beauté toujours récompensée de l’entraide.

Une héroïne septuagénaire en cavale dans l’Amazonie

Denise Weinberg, star au Brésil, incarne avec brio Tereza, une vieille dame de 77 ans qui travaille encore dans un abattoir à alligators d’une petite ville industrielle amazonienne. Son quotidien bascule lorsqu’elle apprend que le gouvernement brésilien a abaissé l’âge obligatoire pour intégrer une colonie pour seniors, où les aînés sont censés « profiter » paisiblement de leurs derniers moments. Mais Tereza refuse catégoriquement de se soumettre.

Jamais montée dans un avion et désireuse de voir le monde d’en haut, elle se heurte à l’opposition de sa fille, sa tutrice légale. Rattrapée par un service de fourrière pour aînés, elle choisit une voie de traverse audacieuse : l’immensité de l’Amazonie. Ainsi commence une cavale fluviale épique, où elle découvre un univers marginal, bigarré et interlope, flottant dans un « entre-trois » à la fois sauvage, industriel et magique.

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Des rencontres déterminantes sur un fleuve de liberté

Au fil de son périple, Tereza croise le chemin de personnages hauts en couleur qui marqueront son voyage :

  • Un contrebandier au cœur brisé, égaré dans ses propres errances.
  • Un garagiste accro aux jeux, cherchant un sens à son existence.
  • Une prédicatrice pirate, vendeuse de bibles connectées, symbolisant la fusion du traditionnel et du moderne.

Ces rencontres façonnent une odyssée de la rébellion « à la coule », où la narration même semble contaminée par le goût de la vie et le désir de liberté de l’héroïne. Le film progresse avec simplicité, flâne quand le paysage est beau, s’attarde sur les moments sympas, contemple, écoute, bifurque au besoin et change de rive, rejetant l’ancre pour mieux avancer.

Un river movie primé qui renverse les codes du vieillissement

« Les voyages de Tereza » a été distingué par le Grand prix du jury (Ours d’argent) et le Prix du jury œcuménique à la Berlinale 2025. Ce river movie – l’équivalent aquatique du road movie – prend résolument le contrepied des films ordinaires sur le vieillissement, souvent teintés de déploration et de nostalgie.

Gabriel Mascaro ose ici une drôle d’odyssée qui renverse l’injonction publicitaire du début du film : « L’avenir est pour tous ». Oui, l’avenir est pour tous, et il n’est jamais trop tard pour s’en bricoler un plus désirable. À travers le périple de Tereza, le cinéaste célèbre la résilience, l’audace et la quête de sens, prouvant que la liberté et l’aventure n’ont pas d’âge.

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