« Le Virtuose » : le retour de Dustin Hoffman dans un thriller convenu
« Le Virtuose » : retour de Dustin Hoffman en thriller

Un thriller convenu qui signe cependant le retour de Dustin Hoffman sur grand écran : voilà ce que propose « Le Virtuose », un film réalisé par Daniel Roher qui débarque dans les salles obscures. Retour timide de l'acteur oscarisé dans un long-métrage qui peine à convaincre.

L'histoire

Doté d'une ouïe exceptionnelle, Nikki White, interprété par Leo Woodall, est un jeune accordeur de piano dont la vie bascule lorsque son talent attire l'attention de criminels. Ceux-ci l'entraînent dans une série de cambriolages de plus en plus risqués. Malgré lui, il s'enfonce dans un engrenage dangereux qui pourrait lui coûter bien plus que sa liberté.

Notre avis

Un an après avoir réalisé le documentaire Blink sur Disney+, consacré à un groupe d'enfants atteints d'une maladie oculaire rare, Daniel Roher se penche cette fois sur un autre sens, l'ouïe, avec Le Virtuose. Les premières minutes laissent présager un buddy movie entre Leo Woodall et Dustin Hoffman, que l'on prend plaisir à retrouver sur les écrans. Il s'agit d'un petit événement, car l'acteur n'est apparu dans des films distribués en salle que deux fois depuis 2015, la dernière dans Megalopolis de Francis Ford Coppola. Mais la présence de la star de Rain Man et Kramer contre Kramer est ensuite réduite à quelques apparitions, principalement sur un lit d'hôpital.

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Le film se concentre alors uniquement sur Nikki, qui ne tarde pas à collaborer avec une bande de braqueurs pour aider la famille de son ami à éponger ses dettes. Une histoire d'amour attendue avec une jeune pianiste vient en contrepoint, les deux intrigues étant forcément amenées à s'entremêler dans le dernier acte. Le scénario est propre, mais sans grande originalité, servi par une mise en scène dans la même veine. Là où l'on aurait pu espérer que Daniel Roher livre une mise en scène sensorielle, cela reste minime. De la même manière, son thriller reste sage, sans relief ni moment percutant. À plusieurs reprises, on sent la volonté de surprendre, de relancer la machine. Louable mais vain, tant les mécanismes d'écriture sont perceptibles.

Tous ces aspects pourraient passer au second plan si le rythme et l'audace étaient au rendez-vous. Or, on est loin, pour ne citer que lui, de Baby Driver, qui revenait également sous la forme d'un polar sur les déboires d'un jeune pris dans une spirale qui le dépasse. Mais n'a pas le talent ni l'inventivité d'Edgar Wright qui veut, si bien que cette série B ne parviendra qu'à séduire les adeptes du genre. Les autres passeront, selon leur humeur, un moment sympathique, avant d'oublier tout cela juste après la projection.

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