Le dernier film d'Hélène Rosselet-Ruiz, Le Triangle d'or, met en scène Laura, interprétée par Malou Khebizi, une jeune femme qui accepte un poste de domestique chez une richissime Saoudienne à Paris. Le contrat est clair : ne pas regarder Monsieur dans les yeux, s'habiller de manière aussi neutre que possible, encaisser les insultes et renoncer à toute dignité. En échange, un salaire bien supérieur à la moyenne et la perspective, dans quelques mois, de rejoindre l'armée, son rêve de toujours.
Un pacte faustien pour un avenir meilleur
Pour Laura, ce travail s'apparente à un parcours du combattant. Elle serre les dents, exécute des ordres absurdes et observe avec fascination le mélange de cruauté et d'obscénité qui caractérise ses employeurs. La réalisatrice, qui a elle-même travaillé pour cette clientèle, décrit des scènes où la nourriture est commandée en abondance puis laissée à pourrir, symbole d'un gaspillage obscène. Le film dure 1h30 et a reçu la note de 3 étoiles dans cette critique, soulignant un geste cinématographique aussi beau que terrifiant.
Entre polar féministe et conte de fées
Le récit oscille entre polar féministe et conte de fées contemporain, bousculant les rapports de classe et les perspectives de chacun. Laura, avec ses yeux de chat et sa carrure de fausse fragile, incarne une héroïne déterminée, prête à tout pour s'en sortir. Le film dépeint un constat social glaçant, où l'ultrarichesse se nourrit de l'humiliation des plus faibles. La distribution comprend également Soundos Mosbah et Ziad Bakri, qui apportent une profondeur supplémentaire à cette histoire d'émancipation et de survie.
Une critique sociale acerbe
Au-delà de l'intrigue, Le Triangle d'or dresse un portrait sans concession de la domination de classe. Les domestiques, invisibles et maltraités, sont les rouages d'un système inégalitaire que le film dénonce avec force. La réalisatrice utilise le genre du polar pour explorer les dynamiques de pouvoir, tout en insufflant une touche de merveilleux qui rend le récit d'autant plus percutant. Le spectateur est invité à réfléchir sur la condition des travailleurs précaires et sur les compromissions nécessaires pour s'en sortir.
Un film à voir en salle dès le 29 juillet
Sorti le 29 juillet 2026, Le Triangle d'or est une coproduction France-Belgique-Canada. Le film mêle habilement réalisme social et envolées oniriques, offrant une expérience cinématographique unique. Malou Khebizi y livre une performance remarquable, portant sur ses épaules un récit qui interroge notre rapport à l'argent, au pouvoir et à la dignité. Une œuvre nécessaire dans un paysage cinématographique français souvent trop lisse.



