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Dans les coulisses du premier procès français pour crime contre l’humanité
Premier d’une remarquable série de trois films, « le Procès de Klaus Barbie - l’accusé » retrace la traque de l’officier nazi en Bolivie et les premiers jours de cette audience historique. Ce soir à 21h sur LCP.
Par Anne Sogno
Publié le 24 mai 2026 à 18h01
Lecture : 1 min.
« Le Procès de Klaus Barbie » de Gabriel Le Bomin
Les mots du procureur général Pierre Truche sont implacables, à la hauteur de la sidération et de la colère qui gagnent le tribunal au troisième jour d’audience du premier procès pour crime contre l’humanité qui s’est tenu en France : Klaus Barbie, sur les conseils de son avocat Jacques Vergès, demande à la cour d’être reconduit en prison et de ne plus revenir sur le banc des accusés : « Il y a plusieurs façons d’interroger. Il y en a une qui avait cours dans cette ville il y a plus de quarante ans ; celui qui était soumis à l’interrogatoire n’avait aucune possibilité de s’y soustraire. Il ne pouvait pas dire tranquillement : à partir de maintenant, je rentre dans ma cellule […], faites ce que vous voulez, ça ne m’intéresse pas. »
Le procureur général poursuit : « Pour l’honneur de la justice française, on a donné à Barbie la possibilité de s’expliquer […], de contester tout ce qui serait dit, d’interroger les témoins, de s’exprimer longuement, complètement. Comme toujours, c’est « Herr Nein », Monsieur Non, non à tout. Il n’accepte pas de voir en face ce qu’il a fait mais il en a le droit. Il a aussi le droit de se défiler […], la procédure est prévue, tout lui sera notifié. Il s’interdit par là même de poser des questions à ceux qui viendront déposer humblement sur ce qui fut leur martyre… Finalement, c’est lui qui une fois de plus se dérobe, lui le nazi triomphant lorsqu’il est face à quelqu’un qui ne peut pas se défendre est aujourd’hui un Barbie et un nazi honteux qui n’ose même pas se pencher sur son passé. »
Le tortionnaire a quitté l’arène, des journalistes reprennent l’avion, le sulfureux Jacques Vergès arbore un sourire triomphal… Ce « tournant à couper le souffle », comme le décrit l’avocat Alain Jakubowicz, tient le spectateur en haleine jusqu’au deuxième épisode de ce qui n’a rien d’une fiction : chef de la Gestapo lyonnaise de 1942 à 1944, Klaus Barbie, qui mourra en prison en 1991, était responsable, entre autres, de la mort sous la torture de Jean Moulin et de la déportation de plus de 14 000 juifs et résistants.
Dimanche 24 mai à 21h sur LCP. Documentaire de Gabriel Le Bomin (2025). 3 x 52 min. (Disponible à la demande sur le site de LCP).



