Ce samedi 30 mai à 20h50 sur Ciné+ Festival, et disponible à la demande sur myCANAL, la chaîne diffuse Le Grand Soir, une comédie satirique française signée Gustave Kervern et Benoît Delépine. Sorti en 2012, le film met en scène Benoît Poelvoorde dans le rôle de Not, un personnage qualifié de « plus vieux punk à chien d’Europe », aux côtés d’Albert Dupontel, Brigitte Fontaine et Areski Belkacem.
Un décor de western moderne
L’histoire se déroule dans une zone commerciale, où les Bonzini (Areski Belkacem et Brigitte Fontaine) tiennent un boui-boui familial baptisé La Pataterie. Leurs deux fils sont aux antipodes l’un de l’autre : Not traîne sa solitude en pogotant dans des concerts où il finit invariablement à la poubelle, tandis que Jean-Pierre (Albert Dupontel), séparé de son épouse, tente de vendre des matelas. Lorsque ce dernier sort enfin de la norme, les deux frères décident d’allumer la mèche révolutionnaire dans la géographie des Carrefour et autres Courtepaille.
Avec Le Grand Soir, Delépine et Kervern livrent une comédie anarchiste teintée de noir, qui explore les limites d’une utopie désormais cantonnée à l’échelle individuelle. Les réalisateurs sacrifient à leur genre de prédilection : le road-movie, ici en circuit fermé dans un décor de western. Ils marquent le film de leur poésie kaurismakienne, avec des scènes emblématiques comme Brigitte Fontaine épluchant des patates, le passage éclair de Gérard Depardieu ou un pendu tournant sans fin sur un manège.
Des personnages sacrifiés à l’excentricité
Malgré ces moments forts, le film souffre d’un manque de profondeur dans le développement des personnages. Les réalisateurs privilégient l’excentricité de la saynète à la continuité du récit, ce qui amoindrit considérablement l’ensemble. La satire sociale, l’humour absurde et la poésie punk restent néanmoins au rendez-vous, offrant une expérience singulière et déjantée.
Le film dure 1h32 et est disponible à la demande sur myCANAL. Une critique de Sophie Grassin, publiée le 30 mai 2026.



