« La Bataille de Gaulle » : un film épique sur les débuts de la France libre
« La Bataille de Gaulle » : un film épique sur la France libre

Le film « La Bataille de Gaulle », réalisé par Antonin Baudry, sort en salles le mercredi 3 juin 2026. Ce diptyque, adapté de la biographie de référence de l'historien britannique Julian Jackson, retrace l'action de Charles de Gaulle durant la Seconde Guerre mondiale. Le premier chapitre, intitulé « L'âge de fer », est présenté en avant-première au festival de Cannes avant sa sortie nationale. Le second volet, « J'écris ton nom », arrivera le 3 juillet sur les écrans.

Une adaptation fidèle mais libre

Julian Jackson, qui réside régulièrement dans sa maison d'Anduze dans le Gard, a été contacté par Pathé et le réalisateur Antonin Baudry, tous deux passionnés par son ouvrage « De Gaulle : une certaine idée de la France ». Il explique avoir été impliqué dans l'écriture du scénario : « J'ai lu les versions successives, fait des commentaires, et Antonin a révisé. C'était un véritable partenariat. » Bien que le film ne soit pas un documentaire, Jackson a veillé à la véracité historique, même si certaines adaptations dramatiques ont été nécessaires. « Mon rôle était de dire non, ça ne s'est pas passé comme ça. Parfois, il acceptait, parfois il passait outre pour des raisons dramatiques », précise-t-il.

Le dénuement des débuts de la France libre

Jackson souligne la force du film : « Il montre l'étrangeté de de Gaulle, un personnage hors norme. On découvre le dénuement total des débuts de la France libre : de Gaulle seul, dans une petite chambre minable, sans moyens, porté uniquement par sa force morale et sa volonté. » Le film dépeint également la bataille de Bir-Hakeim, remarquablement filmée, un moment clé où de Gaulle prouve que la France peut compter.

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La relation complexe avec Churchill

Une autre grande réussite du film est la relation tumultueuse entre de Gaulle et Churchill, faite d'amour et de haine, d'admiration et de ressentiment. Les acteurs Simon Abkarian (de Gaulle) et Simon Russell Beale (Churchill) livrent des face-à-face féroces et admirables.

Un regard étranger sur l'histoire de France

Interrogé sur la facilité qu'ont les historiens étrangers à traiter de sujets sensibles comme Vichy, Jackson répond : « Au début, c'était vrai, avec Robert Paxton. Mais aujourd'hui, les historiens français ont pris le relais. Cependant, en tant qu'étranger, on a peut-être une vision décalée. Ce qui nous fascine, c'est l'aspect humain : qu'aurais-je fait dans cette situation ? »

Un budget colossal

Le budget global du diptyque est estimé à 74 millions d'euros selon la production, mais un article du Point évoque une fourchette entre 85 et 100 millions. C'est le plus gros projet français de l'année 2026, porté majoritairement par Pathé. À titre de comparaison, « Valérian et la cité des mille planètes » de Luc Besson détient le record avec 170 millions d'euros.

Récupération politique et pédagogie

À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, Jackson dénonce la récupération de de Gaulle par le Rassemblement national : « Un parti aux origines anti-gaullistes qui essaie de récupérer de Gaulle, c'est aberrant et presque scandaleux. » Il espère que le film permettra aux plus jeunes de découvrir le personnage au-delà du mythe : « C'est un film passionnant, grand public, mais aussi pédagogique, qui montre la vérité sur quelqu'un que l'on croit connaître. »

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