La Bataille de Gaulle : un film fédérateur pour la classe politique française
La Bataille de Gaulle : un film fédérateur pour la classe politique

Le film « La Bataille de Gaulle », réalisé par Antonin Baudry et sorti en juin, a rassemblé plus de 3,1 millions de spectateurs en cumulé pour ses deux parties. Ce succès populaire retrace le parcours du général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale et suscite un engouement inattendu au sein de la classe politique française, de la gauche à la droite, qui y voit une source d'inspiration pour leurs propres ambitions.

Un appel unanime de Mélenchon et Glucksmann

Mardi, lors d'un meeting pour le 14-Juillet en Bretagne, Jean-Luc Mélenchon a invité ses partisans à aller voir ce « magnifique film ». Quelques heures plus tard, depuis la Gironde, son principal adversaire à gauche pour 2027, Raphaël Glucksmann, a prodigué le même conseil cinématographique : « Je vous implore d'y aller. Courez-y, allez-y. Voyez ce que coûte la liberté », a-t-il lancé lors d'une cérémonie. L'eurodéputé, souvent accusé de faire cavalier seul, a souligné « la solitude absolue du général et de ses compagnons » au début de son aventure londonienne.

Mélenchon : de la critique à l'admiration

Pour Jean-Luc Mélenchon, premier partisan de la VIe République et qui veut en finir avec le régime mis en place par de Gaulle en 1958, la référence est surprenante. Né en 1951, il a reconnu avoir dénoncé dans sa jeunesse la « dictature » gaulliste, mais admet maintenant que c'était une erreur. « Cet homme-là, quand il a été battu à un référendum, il est parti, tandis que tous les autres se cramponnent », saluait-il récemment, en référence à la démission du général en 1969. Il assure également : « Nous parlons des relations de la France avec le monde de la même manière que le faisait le général de Gaulle », en allusion à son non-alignement et à sa défiance envers les États-Unis.

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Retailleau et Bardella : la droite séduite

Bruno Retailleau, patron des Républicains, a cité le film la semaine dernière au journal télévisé de France 2, louant une œuvre « géniale » qui reflète « un besoin de patriotisme » dans la société. Son bureau est décoré d'un gigantesque portrait du général. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a également exprimé son intention de voir le film, un retournement de l'Histoire pour un parti fondé par d'anciens collaborateurs antigaullistes.

Villepin, Roussel et Borne : des opinions diverses

Dominique de Villepin, dont Antonin Baudry a été conseiller, chante les louanges du film : « J'ai beaucoup aimé ce De Gaulle qui surprend mais qui montre bien qu'assumer sa différence et son originalité, le faire avec détermination, être capable de rassembler les Français, reste la seule clé dans des temps difficiles », a-t-il déclaré à l'AFP. Le communiste Fabien Roussel compte projeter le film aux écoliers de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) à la rentrée, car il mentionne le rôle du PCF dans la Résistance. En revanche, l'ancienne Première ministre Élisabeth Borne émet des doutes : « Tous ceux qui se prennent pour De Gaulle, il faut leur dire que non en fait », ironise-t-elle, ajoutant : « On cherche encore » le nouveau De Gaulle.

L'analyse de l'historien Pierre Manenti

L'historien Pierre Manenti, spécialiste du gaullisme, note : « Dans une période de crises politique, économique et des institutions, c'est un film qui fait du bien, on en ressort avec un sentiment de fierté. » Selon lui, l'héritage du fondateur de la Ve République est suffisamment large pour que tout le monde puisse y piocher ce qui l'intéresse : « De Gaulle a refusé de théoriser le gaullisme, il y en a eu plusieurs formes : plutôt étatique en 1945 puis libéral en 1958. »

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