Lors du Festival de Cannes, le studio d'intelligence artificielle Inevitable a présenté une nouvelle méthode de fabrication de films, alliant motion capture, IA et direction artistique humaine. Son cofondateur, Jean Mach, ancien Montpelliérain, défend un modèle capable de réduire drastiquement les coûts tout en ouvrant le cinéma à de nouveaux talents et à des projets jusqu'alors impossibles à financer.
Une présence remarquée au Village Innovation
Inevitable disposait d'un stand au Village Innovation, intégrant la délégation de la BPI et de la French Touch. Cette présence a permis de montrer concrètement leur technologie et de constater un vif intérêt de la part des professionnels. Selon Jean Mach, il était essentiel de présenter cette innovation au monde du cinéma car l'IA suscite encore des craintes, souvent dues à une méconnaissance du sujet.
Respect de la chaîne des droits et des talents
Le studio insiste sur le respect de la chaîne des droits : le producteur arrive avec un scénario acquis légalement, un réalisateur attaché, des droits musicaux et des comédiens. Les acteurs travaillent en motion capture, et le réalisateur conserve la maîtrise artistique. L'IA exécute les choix du réalisateur, sans les inventer. L'objectif est de produire autrement, pour un coût bien moindre.
Un coût de production révolutionnaire
Inevitable peut fabriquer un film en quatre mois pour environ 250 000 euros, prenant 5 % des recettes brutes du producteur, partageant ainsi le risque. Cela ouvre des possibilités énormes : un film traditionnel à 50 ou 60 millions d'euros représente un risque considérable, alors qu'à 250 000 euros, on peut donner leur chance à de jeunes réalisateurs et permettre à des pays aux moyens limités de produire des films visuellement ambitieux.
Des acteurs humains au cœur du processus
Les comédiens jouent réellement les scènes en motion capture, et le réalisateur valide leurs prises. Les spectateurs ne verront pas des personnages entièrement artificiels, mais des performances humaines. Jean Mach compare cette illusion à celle des premiers effets visuels : le cinéma a toujours été une illusion pour transmettre des émotions.
Des projets déjà en cours
Deux films sont actuellement en fabrication, et plusieurs projets supplémentaires ont été signés. Le studio pensait produire une trentaine de films la première année, mais cet objectif pourrait être atteint plus vite que prévu. La technologie permet aussi de briser la barrière de l'âge : un acteur de 80 ans peut jouer un rôle de jeune premier, avec son accord. Ainsi, Sean Connery aurait pu rester James Bond éternellement.
La question du label IA
Si la loi impose d'indiquer qu'un film est fabriqué avec l'IA, Inevitable le fera. Mais Jean Mach met en garde : dire simplement "film fait par IA" pourrait laisser croire qu'il n'y a ni acteurs ni réalisateur, ce qui serait faux.
Un départ de Montpellier vers Paris
Jean Mach a quitté Montpellier pour Paris, en partie pour cette nouvelle activité. Il continue de travailler à Montpellier avec sa société Mad Films, qui a notamment terminé Déclics saison 2 pour Arte. Mais le studio IA est tourné vers l'international, et certaines connexions sont plus faciles à Paris.



