Dans son troisième long-métrage, Home Stories, la réalisatrice allemande Eva Trobisch explore les cicatrices de la réunification à travers une famille disloquée. Le film, qui sort en salles le 29 juillet 2026, met en scène Léa, 16 ans, sur le point de participer à une émission de télécrochet. La production veut réaliser son portrait, ce qui oblige la jeune fille à réunir face caméra une famille fracturée par le poids du passé est-allemand.
Un héritage symbolisé par un hôtel en ruine
L'héritage de l'Allemagne de l'Est est incarné par l'hôtel des grands-parents de Léa, situé au cœur d'une forêt profonde. Autrefois flamboyant, l'établissement est désormais en pleine déliquescence, métaphore d'une mémoire collective qui s'effrite. Ce lieu devient le théâtre d'un puzzle mémoriel recomposé par Eva Trobisch, elle-même née à Berlin-Est, pour évoquer la réunification chaotique et le déterminisme social persistant.
Un scénario habile mais trop théorique
« Habilement scénarisée, sa fiction reste cependant un peu trop théorique », écrit Xavier Leherpeur, critique du Nouvel Obs, qui attribue au film deux étoiles sur cinq. D'une durée de 1h56, Home Stories peine à incarner ses enjeux politiques et historiques dans une dramaturgie vraiment vivante. Si les acteurs — notamment Frida Hornemann dans le rôle de Léa et Max Riemelt — livrent des performances solides, le film semble parfois prisonnier de son propre concept.
Un regard sur la fracture est-allemande
À travers ce récit, Eva Trobisch interroge la pérennisation du déterminisme social issu de la fracture encore ouverte entre l'Est et l'Ouest. Le télécrochet sert de prétexte pour exposer les tensions familiales, mais l'approche demeure intellectuelle, au détriment de l'émotion brute. Le spectateur peut rester en retrait face à cette démonstration qui manque d'ancrage charnel.
Home Stories fait partie de la sélection des films à voir (ou pas) cette semaine, aux côtés de Tommy Guns et I Want your Sex. Pour les amateurs de drames familiaux à trame historique, il offre une réflexion intéressante, mais peut-être trop distanciée pour pleinement convaincre.



