« Ghost Elephants » : Werner Herzog plonge dans l'Angola mystérieux
Ghost Elephants : Herzog explore l'Angola mystérieux

Le nouveau documentaire de Werner Herzog, « Ghost Elephants », entraîne le spectateur dans une quête mystique au cœur de l'Angola. Le film suit un spécialiste des pachydermes à la recherche d'un troupeau d'éléphants non répertoriés, possiblement les héritiers du plus imposant spécimen jamais identifié dans les années 1950. Herzog, fidèle à son style, mêle images volées et esthétique personnelle, créant une ambiguïté fascinante entre commande télévisuelle et œuvre d'auteur.

Un style Herzog immuable

Dès l'ouverture, le film déploie les fétiches esthétiques du cinéaste : portraits en contre-plongée des acteurs de la mission, voix off lancinante d'Herzog, et brouillage entre mirage et réalité. Le financement de National Geographic ajoute une couche d'ambiguïté : impossible de savoir si Herzog se contente d'honorer une commande ou s'il détourne les codes du documentaire animalier à des fins plus personnelles.

Un territoire vierge pour un récit d'exploration

Le film parvient à dessiner un terrain de jeu suffisamment vierge pour raviver la flamme du récit d'exploration à la Melville. Les hauts plateaux d'une région dépeuplée d'Afrique deviennent un eldorado, capturé en une poignée d'images fabuleuses. Herzog, baroudeur romantique, se nourrit des détails qui racontent l'âpreté du voyage et sa portée mythologique.

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Les pisteurs khoisans, véritables héros

Herzog s'intéresse davantage aux pisteurs khoisans, qui miment les gestes des éléphants tels des profilers ancestraux de la savane, qu'au leader blanc de l'expédition, jugé trop lisse et rationnel. Le cinéaste préfère le cortège d'Icare, dévoré par la mégalomanie, un thème cher à son œuvre. Selon Guillaume Loison, critique pour le journal, « l'aventure est assez belle et son dénouement suffisamment habile pour qu'on demeure transporté jusqu'au bout ».

Un documentaire entre mystère et réalité

« Ghost Elephants » dure 1h39 et sort en salle le 1er juillet. Le film reçoit une note de trois étoiles sur cinq. Herzog, connu pour « Aguirre, la colère de Dieu », prouve une fois de plus sa capacité à se couler dans tous les formats, vampirisant des images filmées par d'autres avec un naturel déconcertant.

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