Franck Dubosc récompensé par un César : une consécration inattendue
La salle de l’Olympia a réservé ses applaudissements les plus fournis à Franck Dubosc lorsqu’il est monté sur scène pour récupérer son César. L’année dernière pourtant, cette consécration n’était encore perçue que comme une blague. Dans une vidéo, l’acteur montrait un tout petit César en ironisant avec humour sur le fait qu’il n’en obtiendrait jamais un vrai ! L’académie lui a démontré l’inverse, et le Patrick Chirac de Camping est reparti tout heureux avec une récompense méritée pour le scénario d’Un ours dans le Jura qu’il a coécrit avec Sarah Kaminsky.
Le passage à la comédie noire, une stratégie gagnante
Cette année, c’est en abordant le registre de la comédie noire que Franck Dubosc est parvenu à allier succès public et reconnaissance de ses pairs. Il n’est pas le seul comique à avoir choisi de devenir plus sérieux à un moment de sa carrière. On pense bien évidemment à Jim Carrey, qui a reçu un César d’honneur hier soir, et qui avait su se montrer bouleversant dans The Truman Show et Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry. Mais des Français ont également réussi ce grand écart.
Drôles mais pas que : des exemples emblématiques
Dany Boon, qui a reçu un César du public en 2018 pour Raid Dingue, nous confiait alors ne pas souhaiter s’essayer à des rôles sérieux. Enfant, il avait été choqué de découvrir son idole Bourvil en policier dans Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville et ne revoulait pas faire connaître la même expérience à ses fans. Coluche a fait un choix différent en apparaissant dans Tchao Pantin de Claude Berri, où son rôle de pompiste fatigué volant à la rescousse d’un dealer lui a valu un César en 1984. Sa mort deux ans plus tard ne lui a pas laissé l’opportunité de capitaliser sur ce succès.
On pense aussi à Jean Yanne, qui fait se gondoler la France entière avec des films comme Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, mais a aussi fait verser des larmes chez Maurice Pialat dans Nous ne vieillirons pas ensemble, qui lui a valu un prix d’interprétation à Cannes en 1972. Sa carrière brillante lui a permis de s’illustrer aussi bien dans la comédie que dans la tragédie.
Notre rubrique cinéma : des évolutions récentes
Plus récemment, Alain Chabat est un autre bel exemple de comique qui a su progressivement modifier son image de « Nul » jusqu’à obtenir un César l’an passé pour L’Amour ouf de Gilles Lellouche, où il confirmait son talent de comédien capable de faire passer toutes les émotions. Et on ne peut pas oublier de citer Jean Dujardin, qui, lui, a réussi à décrocher un Oscar et qui interprétera bientôt un collaborateur dans Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli après avoir démarré sa carrière au sein de la troupe d’humoristes Nous Ç Nous. Une évolution rare dans le milieu.
Les femmes aussi bousculent les genres
Il n’y a pas que les acteurs pour oser bousculer les genres. La fantaisiste Alice Sapritch, poursuivant Yves Montand de ses assiduités dans La Folie des grandeurs de Gérard Oury en 1971, a, elle aussi, été applaudie dans des rôles sérieux comme la mère abusive de Vipère au poing de Pierre Cardinal la même année. Muriel Robin a également été très appréciée dans Mourir d’aimer de Josée Dayan, où elle vivait une histoire d’amour tragique avec un adolescent. L’une comme l’autre ont vu arriver des propositions de rôles plus graves après ces prestations remarquables et remarquées.
Un bel avenir pour Franck Dubosc ?
Il est difficile de prédire si ce sera le cas pour Franck Dubosc. On aimerait à penser qu’il recevra des scénarios stimulants après avoir été (enfin) salué par la profession. On lui souhaiterait bien une évolution « à la Albert Dupontel », qui continue à s’écrire de beaux rôles tout en inspirant d’autres cinéastes. Franck Dubosc a largement démontré l’étendue de ses capacités, et ce premier César tant désiré ne sera peut-être pas le dernier.



