Danielle Arbid : « J’ai pensé ce film pour sauver chaque mur de Beyrouth »
Danielle Arbid : « J’ai pensé ce film pour sauver chaque mur de Beyrouth »

La cinéaste franco-libanaise Danielle Arbid, 56 ans, présente son nouveau film « Seuls les rebelles » au Festival de Cabourg en juin 2026. Ce mélodrame expérimental suit l’histoire d’amour entre un jeune migrant soudanais et une veuve d’âge mûr dans un Beyrouth crépusculaire, marqué par le racisme, la précarité et les bombardements israéliens.

Un film pour sauver les murs de Beyrouth

« J’ai pensé ce film pour sauver chaque mur de Beyrouth », déclare Danielle Arbid. La réalisatrice explique que la ville est un personnage central du film, avec ses façades abîmées et ses ruelles chargées d’histoire. Elle a tourné dans des quartiers populaires, capturant l’architecture menacée par la guerre et l’urbanisation sauvage.

Le film a été en partie financé grâce à une campagne de crowdfunding, récoltant 120 000 euros auprès de 1 500 contributeurs. « Les Libanais ont besoin de voir leur ville autrement que comme un champ de ruines », ajoute-t-elle.

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Un amour interdit dans une ville intolérante

L’intrigue met en scène une relation amoureuse entre une veuve chrétienne et un migrant musulman, ce qui suscite l’hostilité de leur entourage. « Je voulais montrer comment l’intolérance religieuse et sociale détruit les individus », précise la cinéaste. Le film aborde également la précarité des migrants soudanais à Beyrouth, souvent sans papiers et exploités.

Danielle Arbid a collaboré avec des acteurs non professionnels, dont un véritable migrant soudanais, pour renforcer l’authenticité. « Le cinéma doit donner une voix à ceux qui n’en ont pas », insiste-t-elle.

Un tournage sous les bombes

Le tournage a été perturbé par les bombardements israéliens de 2024. L’équipe a dû évacuer à plusieurs reprises, et certaines scènes ont été tournées dans des abris. « Nous avons filmé la guerre en direct, mais sans la montrer directement. Elle est dans les regards, dans les silences », explique la réalisatrice.

Malgré ces difficultés, le film a été achevé en post-production à Paris, grâce à des financements français et libanais. « Seuls les rebelles » a été sélectionné dans plusieurs festivals internationaux, dont Cannes et Venise.

Un hommage à la résilience libanaise

Danielle Arbid dédie son film aux Libanais qui résistent malgré tout. « Beyrouth est une ville qui meurt et renaît sans cesse. Mes films sont des actes de résistance », conclut-elle. Le film sortira en salles au Liban en septembre 2026, puis en France en octobre.

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