Carmen Maura, octogéniale dans 'Rue Málaga', la comédie marocaine de Maryam Touzani
Carmen Maura octogéniale dans 'Rue Málaga' de Maryam Touzani

Carmen Maura, une force de la nature à 79 ans dans 'Rue Málaga'

Découvert en avant-première au Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier, 'Rue Málaga' marque le retour magistral de Carmen Maura sur grand écran. Le troisième long métrage de la réalisatrice marocaine Maryam Touzani offre à la légende du cinéma espagnol un rôle sur mesure : celui de Maria Ángeles, une veuve espagnole de 79 ans installée depuis toujours à Tanger.

Une Espagnole de Tanger qui n'en fait qu'à sa tête

Le film s'ouvre sur un bouleversement. La fille de Maria, venue de Madrid, annonce avoir mis en vente l'appartement familial pour régler des problèmes financiers. Il faut vider les lieux, tout quitter. Mais Maria Ángeles, incarnée avec une verve étourdissante par Carmen Maura, refuse ce déracinement. Comment abandonner sa vie, ses souvenirs, le cimetière où reposent les siens, et ce quartier tangérois si vivant ?

Carmen Maura, que l'on connaît depuis ses débuts flamboyants avec Pedro Almodóvar, est tout simplement géniale. Quarante-six ans après 'Pepi, Luci, Bom et les autres filles du quartier', elle démontre une énergie et une présence intactes. Le film lui invente même un néologisme : elle est 'octogéniale', prouvant que le talent n'a pas d'âge.

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Bien plus qu'un portrait : un hymne à Tanger et à la vie

'Rue Málaga' est avant tout une magnifique déclaration d'amour à Tanger, ville natale de Maryam Touzani. La réalisatrice en célèbre la lumière, l'ambiance, les saveurs et la population bigarrée et solidaire. Ce tableau, peut-être un peu idéalisé, sert d'écrin à une histoire profondément humaine.

Le conflit entre la mère joyeuse et volontaire et la fille solo malheureuse n'est pas simpliste. Le film a l'élégance de ne pas prendre parti, montrant que chacune a ses raisons, à la fois respectables et empreintes d'égoïsme. Il aborde avec franchise des thèmes graves – le grand âge, la finitude, l'héritage – mais le fait sans misérabilisme ni angélisme.

La vitalité et l'amour au crépuscule de la vie

Là où le film surprend et enchante, c'est en osant montrer que la vie, le plaisir et même l'amour sont toujours possibles. Contre toute attente, Maria rencontre l'amour. Maryam Touzani met en scène ce réveil sensuel avec une générosité rare, et une franchise drôle lorsque l'héroïne raconte les détails de cette nouvelle romance à sa meilleure amie, une nonne ayant fait vœu de silence.

Ces scènes délicieuses contribuent à faire de 'Rue Málaga' un hymne à la vie résolument savoureux. Il est encore rare de voir le grand âge représenté avec autant de vitalité, de drôlerie et de profondeur, sans fard mais avec une immense tendresse.

Porté par une Carmen Maura absolument rayonnante, le film de Maryam Touzani est une comédie touchante sur la résistance, l'attachement et la joie de vivre à tout âge. Une œuvre qui célèbre autant une actrice mythique qu'une ville et l'indomptable énergie de ses habitants.

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