Le Festival de Cannes 2026 a dévoilé en compétition officielle «La Deuxième Fille», un film poignant du réalisateur chinois Wang Bing. Cette œuvre explore les conséquences dévastatrices de la politique de l’enfant unique en Chine à travers le parcours d’une jeune femme, Li Mei, née en second dans une famille rurale.
Un drame intime aux résonances universelles
Le film s’ouvre sur l’enfance de Li Mei dans un village du Sichuan. Ses parents, déjà parents d’un garçon, doivent cacher sa naissance pour éviter les sanctions. Cette clandestinité marque à jamais sa vie. Wang Bing filme avec une sensibilité rare les tensions familiales, le poids du secret et la quête d’identité de l’héroïne.
«Je voulais montrer comment une politique démographique peut briser des destins individuels, explique le réalisateur. Li Mei n’est pas un cas isolé ; elle représente des millions de Chinoises oubliées.»
Une critique sociale subtile mais puissante
Au-delà du récit personnel, «La Deuxième Fille» dresse un portrait sans concession de la Chine rurale des années 1980 à 2000. La pression sociale, les inégalités de genre et le contrôle étatique sont dépeints avec une justesse documentaire. La photographie, sobre et lumineuse, contraste avec la dureté des thèmes abordés.
Les critiques saluent la performance de l’actrice principale, Zhang Ziyi, dans le rôle de Li Mei adulte. «Une interprétation habitée, d’une intensité rare», écrit le journal Le Monde. Le film a reçu une ovation debout de dix minutes après sa projection.
Un film qui interroge le présent
Alors que la Chine a assoupli sa politique de l’enfant unique en 2016, «La Deuxième Fille» résonne avec les débats actuels sur la démographie et les droits des femmes. Le film invite à une réflexion sur les séquelles psychologiques et sociales laissées par des décennies de contrôle des naissances.
Wang Bing, connu pour ses documentaires engagés, signe ici son premier long métrage de fiction. Il confirme son talent pour mêler intime et politique. «La Deuxième Fille» est en lice pour la Palme d’or, aux côtés de films de Pedro Almodóvar et de la canadienne Sarah Polley.
La sortie en salles est prévue pour septembre 2026 en France. Le film devrait susciter un vif débat, notamment au sein de la communauté chinoise diaspora.



