Publicité Festival de Cannes 2026 : après le raz-de-marée « Emilia Perez », Camille revient avec la bande originale de « Gentle Monster ». Celle que l’on a d’abord connue comme chanteuse mène également une riche carrière de compositrice. Lors de ce 79e Festival de Cannes, elle figure en compétition avec « Gentle Monster » de Marie Kreutzer, dont elle a composé la musique.
Camille, une artiste singulière sur la Croisette
Sa manière d’articuler ses réponses et de mesurer l’importance de chaque mot ne collent pas vraiment avec le rythme effréné du Festival de Cannes. Qu’importe, quel que soit le lieu ou les époques, Camille a toujours assumé sa singularité. En 2005, elle avait fait son entrée dans le cercle des artistes francophones qui comptaient avec son deuxième album, Le fil. Deux décennies plus tard, elle poursuit son aventure en solo et s’apprête d’ailleurs à reprendre la route, avec un nouveau disque. Le premier single, La Terre, vient d’être dévoilé. Mais ce qui amène Camille Dalmais, son nom complet, sur la Croisette cette année, c’est Gentle Monster, le film de l’Autrichienne Marie Kreutzer dont elle a signé la bande originale.
« Au final, c’est le film qui décide »
Vendredi soir, l’artiste invitée par la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), qui a fait de même avec une quarantaine de compositeurs, a monté les marches du Palais. Le travail si particulier sur les musiques de films, Camille connaît depuis près de vingt ans et de premières collaborations sur des longs-métrages d’animation comme Ratatouille et Le Petit Prince. « On peut l’aborder de beaucoup de manières. En lisant le scénario, avant même de rencontrer le réalisateur, pour voir comment ça résonne sans indications. Ensuite, on peut échanger sur les idées et affiner. Mais au final, c’est le film qui décide », conceptualise l’autrice-compositrice-interprète.
« Il fallait créer l’identité musicale du personnage principal »
Avec Marie Kreutzer, Camille avait déjà pris ses marques, puisqu’elles avaient travaillé ensemble sur Corsage, sorti en 2022, avec Vicky Krieps dans le rôle principal. Pour Gentle Monster, les deux femmes se sont accordées sur un postulat de départ clair : « Il fallait faire une musique de film, tout en créant en même temps l’identité musicale du personnage principal, Lucie, qui est incarnée par Léa Seydoux. Une pianiste qui vient du monde classique, mais qui s’en émancipe, en réinventant des chansons pop écrites par des hommes. Elle a un côté un peu iconique et un peu alternatif. » Camille voit le résultat de ce processus créatif comme « une chorale de femmes face à une histoire douloureuse ». « Comme si ma voix faisait écho à celle du personnage de Léa. C’est un endroit très radical, très sobre. »
« Emilia Perez ? Une très grosse machine et quelque chose de très artisanal aussi »
En l’entendant prononcer ces mots, on ne peut que mesurer le grand écart avec les compositions spectaculaires et puissantes élaborées avec son compagnon Clément Ducol pour Emilia Perez. Lauréat du prix du jury à Cannes en 2024, le film de Jacques Audiard avait également permis à toutes ses interprètes principales de décrocher un prix d’interprétation. Aux Oscars 2025, l’implication du duo français avait été récompensée également, au travers d’une statuette de la meilleure chanson originale pour El mal. Rebelote aux César, avec le trophée de la meilleure bande-son cette fois. « C’était une très grosse machine et quelque chose de très artisanal aussi. Une expérience complète, de l’écriture de chansons en espagnol, et pour la première fois pour d’autres interprètes, de mon côté. La manière de Jacques Audiard de tout remettre en question jusqu’au bout, de pousser le débat dans les moindres détails, était également très intéressante. Les récompenses ont fait du bien pour saluer cet énorme travail, on en avait besoin ! »
Pour prolonger la lecture Festival de Cannes ...



