Angelina Jolie brille en français dans le nouveau film féministe d'Alice Winocour
Dans le cinquième long métrage de la réalisatrice française Alice Winocour, intitulé Coutures, l'actrice américaine Angelina Jolie se révèle sous un jour inédit en parlant français et en incarnant une cinéaste engagée. Ce film chorale se déroule entièrement dans les coulisses de la Fashion Week parisienne, offrant un regard profond sur le monde de la mode et les relations féminines.
Un casting international au service d'une histoire universelle
Angelina Jolie interprète Maxine Walker, une réalisatrice californienne de films d'horreur engagée par une prestigieuse maison de couture parisienne pour créer un court métrage vampirique accompagnant leur défilé. Autour d'elle gravitent plusieurs personnages féminins :
- Ada (Anyier Anei), une jeune mannequin sud-soudanaise découvrant les complexités du métier
- Angèle (Ella Rumpf), une maquilleuse empathique aspirant à devenir écrivaine
- Christine (Garance Marillier), une jeune couturière chargée de créer la robe phare du défilé
Au-delà des apparences : un film sur la sororité et la résilience
Bien qu'Angelina Jolie apparaisse en tête d'affiche d'un film français pour la première fois, Coutures n'est pas un simple véhicule pour la star internationale. Le film fonctionne comme une œuvre chorale dont elle constitue le fil conducteur, tissant une narration complexe autour des thèmes de la vulnérabilité et de la solidarité féminine.
Dans une mise en abyme révélée dans la bande-annonce, le personnage de Maxine Walker, tout comme la réalisatrice Alice Winocour dans la réalité, doit faire face à un diagnostic de cancer. Cette épreuve personnelle sert de point de départ à une exploration plus large des défis que rencontrent les femmes dans leur vie professionnelle et personnelle.
La mode comme métaphore des blessures et des réparations
Alice Winocour utilise le monde de la haute couture non pas comme simple décor, mais comme une puissante métaphore des apparences sociales et des réalités cachées. Le titre même du film, Coutures, évoque à la fois les sutures médicales et les assemblages vestimentaires, suggérant que les blessures secrètes et les réparations visibles font partie intégrante de l'expérience humaine.
Le film montre des femmes qui travaillent avec passion, qui doutent de leurs capacités, qui souffrent en silence, qui partagent des moments de joie, qui se soutiennent mutuellement et qui progressent malgré les obstacles. Cette représentation nuancée contraste délibérément avec l'image idéalisée et commerciale souvent associée à l'univers de la mode.
Une réalisation soignée au service d'un message puissant
Techniquement, Coutures se distingue par une mise en scène raffinée, avec des cadres soignés, un éclairage subtil et une bande-son évocatrice. Ces choix esthétiques renforcent le propos du film tout en créant une expérience cinématographique immersive.
Malgré quelques moments de maladresse narrative, l'œuvre parvient à tisser une tapisserie émotionnelle riche et complexe sur la sororité. Comme l'explique Alice Winocour à travers son film, les fils invisibles qui relient les femmes entre elles n'en sont pas moins précieux pour être discrets.
Trois ans après Revoir Paris, qui explorait la fragilité existentielle après les attentats du 13 novembre, Alice Winocour propose avec Coutures une réflexion tout aussi profonde mais dans un registre différent. Ce nouveau film confirme son talent pour aborder des sujets difficiles avec sensibilité et pour créer des portraits féminins complexes et authentiques.



