Joann Sfar clôt sa trilogie sur le 7 octobre avec 'Terre de sang', recueil de témoignages palestiniens
Sfar clôt sa trilogie avec 'Terre de sang', témoignages palestiniens

Joann Sfar achève sa trilogie sur le 7 octobre avec 'Terre de sang'

Un extrait de « Terre de sang ». JOANN SFAR/LES ARÈNES « Terre de sang. Le temps du désespoir », de Joann Sfar, Les Arènes, 608 pages, 39 euros, version numérique 30 euros.

Souvent, ses interlocuteurs introduisent leur récit ou leur démonstration d'une même formule : « Vous devez comprendre que (…). » Joann Sfar, cependant, regimbe : « Je mets un point d'honneur à ne rien comprendre (…), mais à retranscrire de la façon la plus fidèle ce qu'ils m'ont dit. »

Une méthode d'écoute et de dessin

Telle était déjà la méthode de l'artiste dans Nous vivrons (Les Arènes, 2024), premier tome d'une trilogie née du 7 octobre 2023, que vient aujourd'hui clore Terre de sang (après le plus historique Que faire des juifs ?, Les Arènes, 2025) : écouter des individus en les dessinant, et retranscrire aussi précisément que possible leurs propos sur la manière dont ils appréhendent le présent et l'avenir après l'attaque terroriste d'Israël par le Hamas et la guerre à Gaza.

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Dans Nous vivrons, les hommes et les femmes qu'il faisait parler étaient juifs pour la plupart – français ou israéliens. Dans Terre de sang, à l'empathie scrupuleuse, on entend essentiellement des Arabes, qu'il a rencontrées en Cisjordanie – à Naplouse, Ramallah ou Massafer Yatta –, au printemps 2025, et qui lui disent leurs raisons de désespérer.

Les voix du désespoir en Cisjordanie

Ces témoignages évoquent :

  • La terreur pour les proches habitant à Gaza
  • Les heurts et vexations ayant pu être infligés par des soldats israéliens
  • Les exactions des colons
  • Les vies entières gâchées par le conflit israélo-palestinien

« Je n'ai pas connu un jour de bonheur dans toute mon existence », lui dit un ancien diplomate palestinien, pour qui « il n'y a pas d'avenir ». Cette phrase résume l'atmosphère de l'ouvrage, où chaque dessin et chaque mot cherchent à capturer la réalité brute de ces existences marquées par la violence et l'incertitude.

Le travail de Sfar se distingue par son refus de prendre parti, privilégiant une approche documentaire et humaine. En donnant la parole à ces personnes, il offre un aperçu poignant des conséquences du conflit sur les individus, au-delà des analyses politiques et médiatiques habituelles.

Ce volume final de la trilogie s'inscrit dans une démarche artistique engagée, où la bande dessinée devient un outil de témoignage et de mémoire, invitant les lecteurs à réfléchir aux dimensions humaines des crises internationales.

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