La bande dessinée « Dans les perméables », de Judith Vanistendael, paraît ce 24 juillet 2026 aux éditions Actes Sud. L’autrice y projette la Belgique en 2071, un pays où les migrants sont confinés dans des zones appelées « perméables », invisibles aux yeux du reste de la population. L’ouvrage de 192 pages mêle réflexion politique et poésie visuelle.
Un futur dystopique ancré dans le réel
Judith Vanistendael, née en 1974 à Louvain, est connue pour ses œuvres engagées. Dans « Dans les perméables », elle s’inspire des politiques migratoires actuelles pour imaginer un avenir où la Belgique a externalisé l’accueil des migrants dans des zones périphériques. Ces « perméables » sont des lieux clos, surveillés, où les conditions de vie sont précaires. L’autrice explique : « J’ai voulu montrer comment nos sociétés se déshumanisent en rendant invisibles ceux qu’elles rejettent. »
Un récit choral aux personnages multiples
L’histoire suit plusieurs personnages, dont un gardien de perméable, une migrante et un enfant. Vanistendael utilise un dessin en noir et blanc, avec des touches de couleur pour symboliser les émotions. Selon l’éditeur, le tirage initial est de 15 000 exemplaires, un chiffre important pour une bande dessinée indépendante. La critique salue déjà la force narrative de l’œuvre.
Une œuvre qui fait écho à l’actualité
Le livre sort dans un contexte européen marqué par le durcissement des lois migratoires. En Belgique, le débat sur l’accueil des réfugiés reste vif. Vanistendael déclare : « Je ne fais pas de la prédiction, mais une extrapolation de ce qui existe déjà. » La bande dessinée a été sélectionnée pour le prix du Livre Inter 2026, ce qui lui assure une visibilité médiatique.
Un dessin expressif au service de l’émotion
Le style de Vanistendael, mêlant traits fins et taches d’encre, renforce l’atmosphère oppressante des perméables. Les planches alternent scènes de violence et moments de tendresse. L’autrice a passé deux ans à documenter son sujet, visitant des centres de rétention et interviewant des associations. Ce travail de terrain donne une crédibilité rare à l’œuvre.
Un appel à la réflexion collective
Au-delà de la fiction, « Dans les perméables » interroge la responsabilité de chacun face à l’exclusion. Vanistendael espère que son livre « poussera les lecteurs à s’interroger sur leur propre indifférence ». La bande dessinée s’inscrit dans une lignée d’œuvres engagées, comme « Le Photographe » ou « Palestine ». Elle est disponible en librairie depuis le 24 juillet.



