Hermann, géant de la BD franco-belge, s'éteint à 87 ans
Hermann, pilier de la BD franco-belge, est décédé

Le monde de la bande dessinée en deuil après la disparition d'Hermann

La bande dessinée franco-belge vient de perdre l'un de ses plus grands noms. L'auteur et dessinateur belge Hermann, de son vrai nom Hermann Huppen, est décédé dimanche à l'âge de 87 ans à Bruxelles, comme l'a annoncé ce lundi sa maison d'édition historique, Le Lombard. Hospitalisé pour un cancer, ce pilier du neuvième art laisse derrière lui une œuvre monumentale de quelque 120 albums publiés sur six décennies.

Une carrière exceptionnelle et multiforme

Né le 17 juillet 1938 à Bévercé, près de Liège en Belgique, Hermann est considéré comme l'un des plus grands dessinateurs réalistes de la bande dessinée franco-belge. La maison d'édition Le Lombard le décrit comme un « créateur insatiable », « passionné et imposant », dont l'influence a marqué des générations entières d'artistes.

Sa carrière a été couronnée en 2016 par le prestigieux Grand Prix de la Ville d'Angoulême pour l'ensemble de son œuvre. Il restait jusqu'au bout engagé pour la défense de la bande dessinée, ayant signé il y a quelques mois une tribune s'inquiétant de l'avenir du Festival d'Angoulême.

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Un maître des genres variés

Hermann a exploré avec brio une multitude de genres tout au long de sa prolifique carrière :

  • Le western avec la série emblématique « Comanche »
  • La science-fiction post-apocalyptique avec « Jeremiah », sa série phare débutée à la fin des années 1970 qui compte 42 albums
  • La saga médiévale avec « Les Tours de Bois-Maury »
  • Le fantastique avec « Abominable »

À partir des années 1990, il s'est tourné vers des récits complets comme « Sarajevo Tango » ou « Afrika », avant de conclure sa carrière avec la série western « Duke » en sept tomes.

Un style réaliste et une vision adulte

Inspiré au départ par des maîtres comme Jijé, Jean Giraud (alias Moebius) et Greg, Hermann a développé un style personnel qui a profondément marqué la bande dessinée. Selon Le Lombard, il a proposé « une approche plus réaliste et surtout plus adulte de la BD, à une époque où celle-ci était encore essentiellement destinée aux jeunes lecteurs ».

Sa série « Jeremiah » en est la parfaite illustration. Cette œuvre majeure de la science-fiction post-apocalyptique, adaptée en série télévisée aux États-Unis en 2001, témoigne selon l'éditeur du « regard désenchanté que portait Hermann sur cette humanité qui sait tant se complaire dans la violence ».

Une collaboration familiale et un dernier album

Hermann a travaillé avec les plus grandes maisons d'édition du secteur, notamment Glénat, Dupuis et Le Lombard. Il a également collaboré régulièrement avec son fils, Yves H., qui signait les scénarios de plusieurs de ses albums.

Son ultime œuvre, réalisée en collaboration avec son fils, s'intitule « Cartagena ». Cet album posthume doit paraître le 30 avril prochain, offrant ainsi aux lecteurs une dernière création de ce géant de la bande dessinée dont l'héritage continuera d'inspirer les amoureux du neuvième art.

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