Festival BD de Sérignan : l'humour comme arme de dérision massive
Festival BD de Sérignan : l'humour comme arme de dérision

À Sérignan, le festival du neuvième art fait de la bande dessinée une arme de dérision massive. Les équipes de la médiathèque, pilotées par Jean-François Marty, directeur des affaires culturelles de Sérignan, sont fin prêtes pour cette 31e édition du festival BD, prévue samedi 23 et dimanche 24 mai.

Alors que les planètes semblent mal alignées pour afficher un optimisme béat face aux soubresauts du monde, l'astre Bande dessinée, qui brillera ce week-end à Sérignan, a décidé de prendre à rebours cette morosité ambiante en jouant la carte de l'humour, qu'il soit goguenard, franc, joyeux, vachard ou noir.

La dérision comme force

"Dans un monde chahuté par les guerres et les tensions, la bande dessinée est un défouloir qui ne prend pas de gants pour dire les choses", souligne Jean-François Marty. "La dérision est sa force et elle retourne à l'envers toutes les situations pour mieux dévoiler le ridicule et la bêtise humaine." L'affiche percutante, signée par Tebo, invité d'honneur et président de cette édition, en témoigne : son héros Captain Biceps assène un uppercut fracassant à Godzilla.

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"Les périodes troublées ont souvent suscité de nouveaux genres ou courants, comme la naissance des super-héros américains avec DC Comics et Marvel, qui ont émergé entre 1930 et 1950", ajoute-t-il.

Un plateau de choix

Malgré quelques restrictions budgétaires, le festival mixe tous les ingrédients de son succès. Une trentaine de dessinateurs, scénaristes et auteurs confirmés sont présents : Franck Margerin (Lucien), P'Tiluc (Faces de rat), Jean-Louis Mourier et Claude Guth (Trolls de Troy), Lewis Trondheim (El Diablo), Fred Neidhardt (dernier opus des Tuniques bleues), Elric (Seccotine), Guy Delisle (L'occupation des sols), et bien d'autres.

"On est un petit festival, mais on attire de grands noms", sourit Jean-François Marty. Les jeunes talents ne sont pas oubliés avec le Prix de la Ville qui couronne un premier album. En lice : Juliette Hayer (Levure), Elie Huault (Cometa) et Jérôme Lavoine (Le Sanctuaire).

Coloristes et performances live

Cette année, le festival met en valeur le travail des coloristes comme Isabelle Rabarot, Brigitte Findakly ou Alexis Nesme. "Ils sont souvent méconnus du grand public, mais la couleur donne de la profondeur et du relief aux planches", s'enthousiasme Jean-François Marty.

Les performances graphiques en direct live sont également au rendez-vous. Samedi, Alexis Nesme réalisera "Marsupilami jungle" accompagné du percussionniste Thibaut Brebbia. Dimanche, Franck Margerin proposera une fresque sur le thème "Born to be wild" avec le duo Stardust.

Programme du week-end

Le festival se déroule sur les allées de la République. Samedi 23 mai : ouverture à 10h avec café et pains au chocolat ; à 10h30 atelier "Devine les animaux" avec Alain Julié ; à 11h15 remise des prix "Bullez jeunesse" ; à 14h30 déambulation théâtrale ; à 15h30 performance live d'Alexis Nesme ; à 16h atelier "Dessine le Marsupilami" ; à 16h30 visite de l'exposition d'Hugues Labiano ; à 18h30 inauguration et remise du Prix de la ville.

Dimanche 24 mai : à 10h petit-déjeuner en musique ; à 11h atelier "Sauve le monde en trois cases avec Captain Biceps" ; à 14h30 atelier "Exploration souterraine" ; à 15h performance "Born to be wild" ; à 16h atelier "Le regard et l'expression". Dédicaces des auteurs les deux jours de 10h30 à 12h30 et de 15h à 18h30 (17h30 le dimanche).

"Les gens viennent ici pour rencontrer les auteurs autrement", conclut Jean-François Marty. Une philosophie qui explique la longévité de ce festival à taille humaine.

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