Drawing Draw : une bouffée d'air frais pour la bande dessinée à Paris
Alors que le Festival d'Angoulême a été annulé cette année, les amateurs de bande dessinée peuvent se consoler avec un événement parisien d'envergure. Drawing Draw, qui se tiendra du 26 au 29 mars au Carreau du Temple, offre une occasion unique de se régaler devant les œuvres des plus grands artistes du neuvième art. Parmi les têtes d'affiche, on retrouve la star américaine du roman graphique, Emil Ferris, célèbre pour son ouvrage culte Moi, ce que j'aime, c'est les monstres.
Un salon international et innovant
Cette édition accueille soixante-dix galeries venues de treize pays différents, mêlant tradition et modernité. Si les classiques ne sont pas oubliés, avec la présence d'artistes renommés comme Ernest Pignon-Ernest, le salon met particulièrement en valeur l'innovation à travers sa scène expérimentale. Cette dernière est dédiée aux nouvelles pratiques du dessin, explorant des frontières créatives inédites.
Deux sections phares illustrent cette démarche : « Inception », consacrée aux galeries émergentes, et « Digital », où la ligne est réinventée à l'ère des technologies numériques. Ces espaces permettent de découvrir ce qui se fait de plus novateur dans le domaine, tout en soulignant l'importance des femmes artistes, dont les âges varient de 24 à 97 ans, et qui sont mises en avant de manière significative.
Des dessins qui voyagent et inspirent
Sur le stand de la galerie Martel, les visiteurs pourront admirer le nouveau travail de Thomas Ott sur les corps, tandis que chez Barbier, Nicolas de Crécy ouvre ses carnets de voyage au Japon. Ces œuvres font jaillir des yokaï, ces créatures mythologiques insaisissables que son trait parvient à capturer avec une précision remarquable.
Autre grand voyageur au coup de main délicat, Florent Chavouet, s'épanouit en beauté chez Huberty & Breyne, aux côtés de l'iconique et regrettée Claire Bretécher. Dans un registre différent, Jean Jullien chez Masurel impose son trait clair, ses couleurs acidulées et son humour décalé, apportant une touche de légèreté et de réflexion.
Dans les allées où trois cents artistes sont exposés, il est recommandé de picorer, de s'émerveiller et de se poser en douceur devant des œuvres comme l'harmonie lumineuse des aquarelles de Saïdou Dickou. Le dessin, dans toute sa diversité, offre un réconfort bienvenu et une inspiration sans limites.
Drawing Draw se présente ainsi comme un événement incontournable, prouvant que la bande dessinée continue de se réinventer et de rayonner, même en l'absence de grands festivals traditionnels.



