Baru : "Je hais les îles désertes, je vais jamais sur les îles désertes"
Baru : "Je hais les îles désertes"

Dans un entretien accordé à Libération, le célèbre auteur de bande dessinée Baru, de son vrai nom Hervé Barulea, a partagé ses réflexions sur l'isolement et la création. Connu pour ses œuvres engagées comme "L'Enragé" ou "La Piscine de Micheville", Baru a surpris en déclarant : "Je hais les îles désertes, je vais jamais sur les îles désertes."

Un rapport complexe à la solitude

Pour Baru, l'idée d'être coupé du monde est une véritable angoisse. Il explique : "Je suis quelqu'un de très social. J'ai besoin des autres pour me sentir vivant. L'isolement forcé, c'est pour moi une forme de mort." Cette déclaration intervient alors que de nombreux artistes louent les vertus de la solitude pour la création. Baru, lui, préfère le tumulte des villes et les échanges humains.

La création comme acte collectif

L'auteur insiste sur le fait que son processus créatif est profondément ancré dans le collectif. "Je ne pourrais pas écrire seul dans un coin. J'ai besoin de voir des gens, d'entendre leurs histoires, de sentir l'énergie de la rue." Ses albums, souvent ancrés dans le réel, puisent leur inspiration dans les quartiers populaires et les rencontres fortuites.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram
  • "L'Enragé" s'inspire de la révolte des mineurs de 1941.
  • "La Piscine de Micheville" évoque la banlieue ouvrière.
  • "Bienvenue à la Noce" traite des mariages mixtes.

Une critique de la romanticisation de l'isolement

Baru en profite pour critiquer la tendance à idéaliser les îles désertes comme lieu de ressourcement. "C'est un fantasme de privilégiés. La réalité, c'est que la plupart des gens n'ont pas les moyens de s'offrir ce luxe, et beaucoup souffrent de solitude subie." Il appelle à une prise de conscience sur les inégalités d'accès au repos et à la déconnexion.

Un message pour les jeunes auteurs

Interrogé sur les conseils qu'il donnerait aux jeunes auteurs, Baru répond : "Ne vous isolez pas. Allez à la rencontre du monde. C'est là que se trouve la matière de vos histoires." Il encourage à participer à des ateliers, des festivals et à échanger avec d'autres artistes.

Cet entretien, publié à l'occasion de la sortie de son dernier album, "Les Années Rouges", confirme la place de Baru comme auteur engagé, proche des réalités sociales. Il sera en dédicace à Paris le 20 juin prochain.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale