Le sumo, sport national du Japon, fascine autant qu'il intrigue. Pour lever le voile sur cet art martial millénaire, nous avons rencontré un sumotori de 150 kilos qui nous livre tous ses secrets.
Les origines du sumo
Le sumo puise ses racines dans les rituels shintoïstes vieux de plus de 1500 ans. À l'origine, il s'agissait de danses exécutées pour divertir les dieux et assurer de bonnes récoltes. Progressivement, ces affrontements rituels se sont codifiés pour devenir le sport que l'on connaît aujourd'hui.
Les règles du combat
Un combat de sumo se déroule sur un cercle de terre battue appelé dohyo. Les deux lutteurs, vêtus uniquement d'un pagne (mawashi), tentent de se faire sortir du cercle ou de toucher le sol avec une autre partie du corps que la plante des pieds. Les coups sont autorisés, mais pas les frappes du poing fermé. Le combat, souvent très court, peut durer de quelques secondes à plusieurs minutes.
L'entraînement intensif
Contrairement aux idées reçues, les sumotoris ne sont pas simplement obèses : ce sont des athlètes de haut niveau. Leur poids, souvent supérieur à 150 kilos, est le résultat d'un régime alimentaire spécifique et d'un entraînement rigoureux. Chaque jour, ils se lèvent à l'aube pour s'entraîner pendant plusieurs heures, enchaînant exercices de souplesse, de force et de technique. Le repas principal, le chanko nabe, est un riche pot-au-feu qui leur permet de prendre du poids.
La hiérarchie stricte
Le monde du sumo est régi par une hiérarchie très stricte, basée sur le mérite. Les lutteurs gravissent les échelons du banzuke (classement) en fonction de leurs performances. Les plus hauts gradés, les yokozuna, sont considérés comme des demi-dieux au Japon. Ils jouissent de privilèges, mais aussi de responsabilités immenses.
Les traditions immuables
Le sumo est un sport imprégné de traditions. Avant chaque combat, les lutteurs effectuent des gestes rituels : ils lancent du sel pour purifier le dohyo, s'accroupissent et se frappent les cuisses pour chasser les mauvais esprits. Le mawashi est noué selon un code précis, et les coiffures des lutteurs sont codifiées.
Un sport en mutation
Malgré son ancrage dans la tradition, le sumo évolue. De plus en plus de lutteurs étrangers, notamment mongols, atteignent les plus hauts rangs. La diffusion télévisée et les réseaux sociaux contribuent à populariser ce sport en dehors du Japon. Cependant, certaines pratiques, comme les bizutages violents, restent controversées.
Le témoignage de notre sumotori
Notre interlocuteur, qui a commencé le sumo à 15 ans, insiste sur la discipline et le respect qui règnent dans les écuries. « Le sumo m'a appris l'humilité et la persévérance, confie-t-il. Chaque combat est une leçon de vie. » Il regrette que l'on réduise souvent les sumotoris à leur poids, alors que leur agilité et leur technique sont remarquables. « Nous sommes des athlètes complets, capables de soulever des adversaires de 200 kilos et de faire des pirouettes. »
Le sumo est bien plus qu'un sport : c'est un art de vivre, un mélange unique de force brute et de grâce, de tradition et de modernité. Alors, la prochaine fois que vous verrez un combat de sumo, vous saurez apprécier toute la complexité de cet univers fascinant.



