Une productrice d'animation de renom retourne dans son ancien collège
Lauréate des International Emmy Awards, la productrice Emmanuèle Pétry a partagé son expertise de l'animation avec des élèves de 5ᵉ du collège Sainte-Marie à Cannes. Ce retour aux sources a permis d'aborder la réalité des métiers de l'image et de montrer aux jeunes comment les aspirations de l'adolescence peuvent dessiner une trajectoire professionnelle.
Un retour chargé d'émotion
Cinquante années ont passé et, pourtant, tout semble encore à portée de mémoire. En franchissant les portes de l'institution Sainte-Marie de Chavagnes, Emmanuèle Pétry retrouve intactes les images de son adolescence : « Les dortoirs, la cour, le pain au chocolat… Tout est complètement enregistré ». Hier, la productrice, doublement récompensée aux International Emmy Awards, est revenue dans son ancien collège pour rencontrer des élèves de 5e. Un retour chargé d'émotion, mais surtout de sens.
Planter une graine pour l'avenir
Face à ces jeunes, elle est venue raconter un parcours et, peut-être, semer quelques idées pour l'avenir. À 12 ou 13 ans, rappelle-t-elle, « on passe de l'enfance à l'adolescence » et beaucoup de choses s'esquissent déjà. Elle en est convaincue : une simple rencontre peut influer sur une trajectoire. « On ne se rend pas compte à quel point on peut planter une petite graine », glisse-t-elle.
Une anecdote marquante
Une conviction nourrie par sa propre expérience. Elle évoque même une anecdote marquante : une claque reçue d'une professeure de mathématiques, à ce même collège de Sainte-Marie, qui lui a laissé une véritable phobie des chiffres. « Je garde encore de la colère envers elle », reconnaît-elle. De cet épisode, elle tire pourtant une leçon déterminante : accepter ses failles pour mieux valoriser ses forces. « Je me suis dit que j'avais d'autres qualités ».
L'animation comme vecteur de récits
Et ces qualités, elle les a mises au service de la création. Productrice de séries d'animation à succès, comme La Cabane à Histoires ou La Rivière à l'Envers, elle revendique un attachement profond aux récits et à l'imaginaire. « L'animation, c'est raconter des histoires », résume-t-elle. Une manière, aussi, de rester connectée à son public, rarement rencontré au quotidien : « Je fais des films pour eux, mais je ne les vois jamais. »
Ouvrir le champ des possibles
À Sainte-Marie, l'ouverture culturelle fait partie intégrante du parcours des élèves. « L'objectif est de les connecter à des expériences concrètes », souligne Pierre Bury, adjoint de direction. À travers le dispositif « Un artiste à l'école », l'établissement multiplie les échanges avec des professionnels issus du monde artistique. À cet âge, l'enjeu est de taille : élargir les perspectives. « Ils veulent souvent suivre des modèles proches, ceux de leurs parents », observe-t-il. Montrer d'autres trajectoires devient alors essentiel.
La diversité des métiers de l'animation
Le choix de l'animation s'inscrit dans cette logique. Accessible, familier sans être totalement connu, ce secteur permet d'aborder une diversité de métiers. « Il y a une pléthore de fonctions différentes », insiste Emmanuèle Pétry, soucieuse de casser les idées reçues. Dans la salle, les réactions ne se font pas attendre. « Ça m'a un peu surpris tout ce qu'il y a derrière un dessin animé », confie un élève, interloqué par l'envers du décor.
Nourrir la curiosité
Une découverte qui, sans forcément déclencher des vocations immédiates, nourrit la curiosité et l'idée qu'un parcours ne se résume jamais à ses faiblesses, mais à ce que l'on choisit d'en faire.



