La mezzo-soprano Marianne Crebassa, native de Béziers et formée à Montpellier, se produira le 9 juillet 2026 au Corum de Montpellier dans le cadre du Festival Radio France. Elle y interprétera un programme intimiste alliant le cycle L'Amour et la vie d'une femme de Robert Schumann à des mélodies françaises de Gabriel Fauré et Henri Duparc.
Un retour chargé d'émotion
Pour Marianne Crebassa, ce concert représente un véritable retour aux sources. « C'est une vraie impression de retour au bercail, le sentiment de retrouver sa famille », confie-t-elle. La chanteuse, qui a fait ses premiers pas sur scène à l'âge de 21 ans au même festival, souligne l'absence de pression particulière : « Je sais que j'y suis bien accueillie et que c'est un terrain connu. » Elle évoque également une relation privilégiée avec les organisateurs, qui lui proposent des projets « magnifiques et très diversifiés ».
Devenue parent, elle ressent une émotion particulière à revenir accompagnée de son enfant : « Revenir là où l'on a grandi et étudié, cette fois accompagnée de son enfant, et mesurer le chemin parcouru. » Chaque couloir de l'Opéra Comédie ou du Corum est chargé de souvenirs.
Schumann, un compositeur clé
Le cycle L'Amour et la vie d'une femme de Schumann occupe une place centrale dans le programme. « Dans la vie d'une mezzo-soprano, c'est un cycle incontournable, mais je ne l'avais encore jamais chanté », explique Crebassa. C'est Corinne Delafont, de l'équipe du festival, qui a insisté pour qu'elle interprète ce chef-d'œuvre, en parfaite adéquation avec le thème du festival centré sur la passion amoureuse et le romantisme.
L'interprète analyse la dualité de l'œuvre : « Dans ses lieder, on perçoit une forme de dualité : la musique exprime un amour pur, mais elle est toujours traversée par des revirements de personnalité. On peut passer d'un état extatique à un état dépressif en un instant. » Pour restituer cette intimité, elle travaille avec le pianiste Alphonse Cemin, « un immense spécialiste de ces répertoires ».
Un dialogue entre époques et styles
Le programme associe les lieder de Schumann à des mélodies françaises. « La mélodie française s'y prête admirablement », affirme la chanteuse. Les pièces de Gabriel Fauré, portées par les textes de grands poètes, apportent « un côté charmant, léger et intime à la fois ». Avec Henri Duparc, le concert bascule dans « quelque chose de plus purement lyrique », offrant une esthétique différente.
Crebassa a construit un parcours à travers les différentes périodes de Fauré, évoquant les débuts de l'amour, en parfaite harmonie avec le cycle de Schumann. Les deux univers se répondent et créent une cohérence malgré la variété des styles.
L'émotion comme priorité
Pour Marianne Crebassa, l'essentiel est de transmettre l'émotion au public. « Quand des personnes viennent me voir à la fin en me disant qu'elles ont été sincèrement émues, j'estime que j'ai bien fait mon travail », déclare-t-elle. Qu'il s'agisse de joie ou de nostalgie, elle souhaite offrir « une véritable expérience ».
Elle souligne le pouvoir de communion de la musique : « La musique reste un vecteur de communion incroyable, un sentiment d'être ensemble qui devient rare aujourd'hui. On sait que l'on vit un moment unique, éphémère, qui ne se répétera pas. » De son côté, elle évoque « le plaisir pur et physique de chanter », notamment lorsqu'elle peut jouer avec l'acoustique.
Les petits plaisirs montpelliérains
Interrogée sur ce qu'elle préfère faire à Montpellier lors de son retour, la mezzo-soprano répond : « Le temps passe toujours très vite avec les répétitions, mais je ne peux pas m'empêcher de retourner sur les lieux où j'ai habité. » Elle apprécie les choses simples : « Faire un tour à pied dans le centre-ville, sortir de répétition pour aller m'asseoir sur l'Esplanade, prendre un café et juste profiter de l'atmosphère de la ville. »
Le concert aura lieu le jeudi 9 juillet 2026 à 18h au Corum de Montpellier. Les tarifs varient de 10 à 25 euros.



