Jean-Pierre Castaldi, 82 ans, était en représentation au théâtre Robinson de Mandelieu-la-Napoule le jeudi 20 août, dans « Monsieur chasse ! » de Georges Feydeau, aux côtés de Michel Guidoni. Le comédien, qui a animé Fort Boyard de 2000 à 2002, a accordé une rencontre à Nice-Matin, évoquant ses souvenirs sur la Côte d'Azur, ses débuts avec Gabin et Bourvil, et ses projets, dont une date à Contes en mars 2027.
« Monsieur chasse ! » : un Feydeau moderne sur le consentement
Interrogé sur la pertinence de jouer du Feydeau en 2026, Jean-Pierre Castaldi a souligné la modernité de l'auteur : « Cette pièce est une partie de chasse dans tous les sens du terme. Ce qu'il y a de formidable chez Feydeau, et c'est très rare pour l'époque, c'est qu'il propose une vraie réflexion sur les femmes et sur le consentement. » Il a expliqué que, contrairement au vaudeville classique, « personne ne couche jamais avec personne » chez Feydeau, et que les coups de théâtre permanents font basculer l'intrigue au moment où le personnage croit arriver à ses fins.
Le comédien a également comparé son parcours à celui des acteurs de sa génération : « C'était le parcours normal des acteurs de ma génération. Tous les grands comédiens de cinéma passaient par le Conservatoire et le théâtre. » Il a rappelé ses débuts chez René Simon puis Jean-Laurent Cochet, où on lui a dit : « Tu as une gueule, tu n'as rien à faire au Conservatoire, tu vas faire du cinéma. » Il a ajouté : « Je n'ai jamais cherché à être au sommet absolu, c'était déjà pris par des génies comme Gérard Depardieu. »
Des souvenirs azuréens : barman, maître-nageur, plagiste
Jean-Pierre Castaldi a confié que la Côte d'Azur occupe une place particulière dans ses souvenirs. « Ma grand-mère avait le château de Laval à Antibes puis un appartement à Nice. Jeune, j'ai fait tous les boulots ici : j'ai été barman derrière la place Masséna, maître-nageur et plagiste sur les galets niçois, près du Negresco ! » Il a également évoqué sa passion pour le cinéma, avec des souvenirs au Festival de Cannes, au VIP Room ou à côté de Francis Ford Coppola lors d'une soirée privée.
Interrogé sur son enfance nomade, il a expliqué : « J'ai quitté la France à deux ans pour l'Algérie, puis l'Argentine... J'ai fréquenté des collèges anglais, les Jésuites, appris plusieurs langues, changé de lieu de vie tous les ans. » Cette adaptation constante, dit-il, lui a appris à s'adapter partout.
Fort Boyard, Gabin, Bourvil : les leçons des monstres sacrés
À propos de son départ de Fort Boyard, Jean-Pierre Castaldi a déclaré : « Je n'ai pas été content quand ils m'ont viré ! Enfin ils ne m'ont pas viré, ils m'ont remplacé disons, mais j'étais malheureux comme un enfant. Parce que je me suis vraiment pris pour le maître du fort. » Il a ajouté : « Je m'étais approprié le fort, et ça, c'était une erreur tactique par rapport à l'entreprise. » Il a noté que plus tard, l'émission a repris des personnages et des sketchs, « pas forcément plus drôles que les miens, plutôt moins d'ailleurs ».
Il a aussi raconté une leçon de cinéma avec Jean Gabin à Sisteron : « Un souvenir inoubliable ! Gérard Depardieu et moi étions chez [Jean-Laurent] Cochet. Nous avions 22 ans et nous étions engagés sur un film avec Gabin. Un monument. Il arrive sur le plateau, refuse d'avoir une doublure, fait replacer les projecteurs, corriger des phrases et lance au cadreur : “On n'en fera qu'une”. » Castaldi a expliqué que, lors de la première prise, il avait répondu en direct, sans suivre le scénario, et avait eu « une coulée de sueur froide dans le dos », mais Gabin avait enchaîné et la prise était la bonne.
Il a également évoqué Bourvil sur le tournage de « L'Arbre de Noël » : « Ah, l'histoire des bottes sur L'Arbre de Noël ! Je jouais un jeune gendarme à moto face à Bourvil, William Holden et dirigé par Terence Young. Le matin, impossible de rentrer mon 46 dans les bottes taille 42 prévues par le costume. Dans l'urgence, on me découpe le talon et on le fait tenir avec du chatterton. » Le chatterton ayant cédé sur le plateau, il a dû marcher en crabe, ce qui a provoqué la colère de Terence Young, puis l'énervement des costumiers et assistants, finalement renvoyés. « Bourvil reprenait de mes nouvelles avec une immense gentillesse. Ça m'a appris à quel point chaque détail de costume compte ! »
Projets et philosophie de vie
Interrogé sur sa popularité, Jean-Pierre Castaldi a déclaré : « Le compliment qui me touche le plus, c'est quand les gens me croisent dans la rue et me disent : “Dans la vie, vous êtes exactement comme à l'écran.” » Il a ajouté : « On ne devient pas une vedette avec des followers sur Internet. On le devient en posant pierre après pierre, en respectant les techniciens, en aimant le public et en restant fidèle à ce métier. »
La tournée de « Monsieur chasse ! » se poursuit jusqu'en 2027. Il a également mentionné plusieurs projets de théâtre en lecture à Paris et « une belle proposition de téléfilm en développement avec l'équipe de Jean-Marc Généreux ». « Tant que la santé est là et que le plaisir de jouer reste intact, je continue. Le théâtre, c'est la vie ! » La pièce sera jouée le 6 mars 2027 au Théâtre de l'Hélice à Contes, au tarif de 25 euros.



