Yves Morin : une retraite artistique au service du patrimoine insulaire
Connu pour sa carrière dans l'audiovisuel, le journaliste Yves Morin, résidant au Bois-Plage-en-Ré, renoue avec ses pinceaux pour célébrer le patrimoine de son île à travers la création de superbes œuvres d'art dépliantes. Cet homme aux mille vies cultive une retraite active, toujours porté par de nouveaux projets créatifs.
Des leporellos aquarellés pour capturer l'essence des lieux
Derrière ses lunettes rondes qui reflètent une espièglerie bouillonnante, Yves Morin ne cesse de se réinventer. En dépliant un premier leporello de 3,20 mètres sur « l'île aux vélos » sur le billard de son salon, il sait qu'il va déclencher un double effet « waouh » et « Quèsaco ». Suivent un autre de 3,60 mètres sur La Rochelle, baptisé « Insolite, quoique », et un troisième plus court intitulé « L'île d'Oléron et ses défenses Vauban ». Ces livres d'art, déclinés à l'aquarelle, sont soutenus par un texte alliant précision poétique et narration géographique.
Le déclic artistique survient lorsqu'il accompagne son épouse Christiane à un stage d'aquarelle en Auvergne. Ses études d'architecture d'intérieur et de design à l'École Camondo de Paris lui titillent alors le cerveau et démangent les doigts, le poussant à reprendre les pinceaux. Il enchaîne deux stages au Maroc, ce qui l'amène à explorer le support du leporello.
Le leporello : un format insolite aux origines musicales
Yves Morin explique le choix de ce format particulier : « Le leporello vient de Mozart. Dans Don Juan, un valet montre les prétendantes à son maître pour la soirée sur un support en accordéon, tellement il y en avait. Ce valet s'appelle… Leporello. Les Italiens ont gardé ce nom pour expliquer ce pliage. Je n'aime pas le terme accordéon, plutôt utilisé pour les livres pour enfants. » Ces objets d'art sont conçus pour être touchés et feuilletés, offrant une expérience sensorielle unique.
Sa démarche artistique relève de la sérendipité : « Je me suis dit qu'il fallait que je retrouve ma main. J'ai commencé à faire des petites aquarelles chaque matin, je les étalais sur le billard et les classais. Des ânes, de la plage… de l'île de Ré. Progressivement, j'ai retrouvé ma ligne de conduite », héritage de son diplôme où l'art enseigné était pluridisciplinaire, incluant le vitrail et la dorure sur meuble.
Une édition artisanale et pointilleuse
De ces petites aquarelles alignées naissent les premiers leporellos, édités en coffrets limités et numérotés à 50 exemplaires maximum. Insatisfait des propositions d'éditeurs, Yves Morin franchit le pas en créant sa propre imprimerie dans une mezzanine de sa maison au Bois-Plage-en-Ré. Cet atelier, gardant ses secrets de fabrication, est équipé d'outils de précision comme de « bons gros ordinateurs », un massicot et une imprimante adaptée pour un papier aquarelle de 300 grammes.
Chaque œuvre est un objet d'art édité en 50 exemplaires numérotés, accompagné d'un certificat d'authentification et glissé dans un beau coffret aimanté. Les points de vente incluent la Maison Madier à Saint-Martin-de-Ré, la librairie Les Plages à Rivedoux-Plage et divers musées. Les tarifs varient : 85 € pour Oléron, 130 € pour l'île de Ré et 140 € pour La Rochelle. Pour plus d'informations, contactez le 06 85 96 12 60 ou consultez www.aquarelleym.fr.
À travers ces créations, Yves Morin offre une vision artistique et patrimoniale unique, mariant son passé de journaliste à sa passion renaissante pour les arts plastiques.



