L'artiste japonaise Yayoi Kusama, figure majeure de l'avant-garde, est décédée à l'âge de 95 ans. Elle était hospitalisée depuis 1977 dans un établissement psychiatrique à Tokyo, où elle vivait et travaillait. Sa galerie, Ota Fine Arts, a confirmé son décès, survenu jeudi 27 mars, des suites d'une mort naturelle.
Une œuvre marquée par les pois et les citrouilles
Née en 1929 à Matsumoto, dans la préfecture de Nagano, Yayoi Kusama a développé un univers artistique unique, peuplé de pois, de citrouilles et de filets infinis. Son travail, qui mêle peinture, sculpture, installation et performance, a influencé des générations d'artistes, de Andy Warhol à Damien Hirst. Elle a commencé à créer des œuvres d'art à l'âge de 10 ans, en peignant des citrouilles, un motif qui deviendra son emblème.
Après un passage aux États-Unis dans les années 1960, où elle s'installe à New York et participe aux mouvements pop et minimaliste, elle retourne au Japon en 1973. C'est là qu'elle a produit ses célèbres installations de « chambres à miroirs infinis », dont la première a été présentée en 1965. Ces œuvres immersives ont attiré des millions de visiteurs dans le monde entier, de Tokyo à Paris, en passant par New York et Londres.
Une reconnaissance tardive et mondiale
Bien que son travail ait été reconnu dès les années 1960, c'est dans les années 1990 que Kusama a connu une consécration internationale. En 1993, elle a représenté le Japon à la Biennale de Venise, et en 2012, une grande rétrospective lui a été consacrée au Whitney Museum de New York. Ses œuvres se sont vendues à des prix record, atteignant jusqu'à 10 millions de dollars aux enchères.
En France, elle a été honorée à plusieurs reprises, notamment en 2001 avec l'exposition « Kusama » au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, et en 2011 avec une installation monumentale au Jardin des Tuileries, dans le cadre de la FIAC. Ses citrouilles géantes et ses pois colorés sont devenus des icônes de l'art contemporain, présents dans les collections des plus grands musées.
Une vie consacrée à l'art et à la santé mentale
Kusama a souffert de troubles mentaux depuis son enfance, et elle a souvent évoqué son art comme un moyen de survie. Elle a volontairement choisi de vivre dans un hôpital psychiatrique, où elle a continué à créer jusqu'à la fin de sa vie. Sa détermination et sa créativité ont inspiré de nombreux artistes et le public, faisant d'elle une figure emblématique de la résilience.
Son décès marque la fin d'une ère pour l'art contemporain, mais son héritage perdurera à travers ses œuvres, exposées dans le monde entier. Selon sa galerie, ses funérailles auront lieu dans l'intimité, en présence de ses proches. Une cérémonie publique pourrait être organisée ultérieurement, mais aucune date n'a été annoncée.



