Stéphanie Marc alerte sur le déclin du service public de la culture en France
La comédienne montpelliéraine Stéphanie Marc, actuellement en scène dans Grand peur et misère du IIIe Reich de Bertolt Brecht, lance un cri d'alarme contre ce qu'elle qualifie d'attaque envers le service public de l'art et de la culture. Dans un billet d'humeur publié dans Midi Libre, elle dénonce une vision réductrice des instances gouvernantes, qui transformeraient le spectacle vivant en simple luxe de vitrine.
Une réduction à l'état de consommable culturel
Stéphanie Marc regrette que l'art, la culture et le spectacle vivant soient niés dans leur essence d'émancipation, de créativité, de partage et d'humanisme. Elle pointe du doigt une méfiance grandissante et une censure idéologique envers les artistes, leurs équipes, les lieux culturels et, par extension, le public. Cette situation entraîne selon elle des conséquences désastreuses à tous les niveaux.
- Réductions et disparitions des interventions en milieu scolaire.
- Coupes dans les aides à la création et à la diffusion.
- Affaiblissement des missions culturelles et de la formation.
- Restriction de l'accès à tous les publics et recul de la décentralisation.
La comédienne souligne également une perte massive d'emplois, tant intermittents que permanents, ainsi qu'un appauvrissement de la création et une disparition programmée de la diversité et de l'inventivité.
Le spectacle vivant entre divertissement et élitisme
Stéphanie Marc critique la demande faite au spectacle vivant d'être un divertissement accessible à tous, ce qui selon elle le tire vers le bas. Lorsqu'il vise haut et refuse la concession, il est traité d'élitiste et de trop coûteux, devenant ainsi un simple consommable réservé aux privilégiés. Elle met en garde contre le mépris et l'ignorance qui, selon elle, coûteront cher à la société.
Dans ce contexte, elle affirme avec force : Nous ne sommes pas ce peuple sidéré et déconsidéré attendant une issue électorale et systémique funeste à laquelle nous ne pourrions rien. Elle voit dans le capitalisme actuel une folie meurtrière, où vivre est déjà une résistance.
L'engagement artistique comme acte de résistance
En jouant Grand peur et misère du IIIe Reich, pièce écrite par Brecht entre 1935 et 1938 sur la montée du nazisme, Stéphanie Marc constate un engouement du public pour des œuvres aux échos contemporains. Les salles combles témoignent selon elle d'une soif de partage et d'apprentissage à travers l'Histoire et l'acte artistique.
Chaque représentation est pour elle à la fois une dénonciation des dérives actuelles et un bain d'humanité, une source de joie et de force. Elle y puise l'énergie pour agir, œuvrer et construire un avenir de justice, de fraternité et de sororité. La dernière phrase du spectacle, Alors faites des choses qui changent, résonne comme un appel à l'action.
Stéphanie Marc conclut avec conviction : Nous n'avons pas dit notre dernier mot. La pièce sera jouée au Théâtre de la Cité à Toulouse du 10 au 18 mars, offrant une nouvelle occasion de réflexion et d'engagement.



