Royan : L'exposition « Trames de soi(e) » célèbre l'art méconnu de la sérigraphie
Royan : « Trames de soi(e) » célèbre la sérigraphie d'art

Royan met à l'honneur l'art exigeant de la sérigraphie avec « Trames de soi(e) »

Ce samedi 4 avril, l'espace d'art contemporain Captures, situé à Royan, a inauguré sa nouvelle exposition intitulée « Trames de soi(e) », entièrement consacrée à la sérigraphie d'art. Cette manifestation culturelle, qui se poursuivra jusqu'au 21 juin 2026, offre au public une plongée fascinante dans une technique millénaire, popularisée par Andy Warhol dans les années 1970, mais souvent méconnue dans ses coulisses.

Les artisans de l'ombre révélés au grand jour

Derrière les œuvres sérigraphiques signées par des figures majeures de l'art contemporain comme Combas, Di Rosa, Villeglé, Erro ou Viallat, se cachent des hommes et des femmes, véritables maîtres artisans. Ces passionnés ont consacré leur vie à cette pratique exigeante, comme en témoigne Jean Villevieille, sérigraphe de 78 ans présent lors d'une rencontre presse le jeudi 2 avril. « Ça fait cinquante ans que je m'amuse. Je ne vais pas m'arrêter maintenant », confie-t-il avec un sourire, aux côtés de Thierry Anglès, directeur de l'atelier Anagraphis spécialisé dans l'édition de sérigraphies d'art.

Un travail colossal et méticuleux

Chaque sérigraphie exposée résulte d'un processus laborieux que le public ignore souvent. Jean Villevieille explique : « Pour une heure de tirage, il y a trois heures de préparation et trois heures de nettoyage. Le tirage, c'est la récompense ». Certaines pièces, nécessitant jusqu'à 34 passages de couleur, illustrent la précision requise : chaque encre est mélangée à la main et chaque calage est millimétré. « Si on se loupe à la 33e couleur, on jette tout », souligne l'artisan, rappelant que cette technique, bien que semblant simple de l'extérieur, exige énormément de compétence et de patience.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Accessibilité et valeur artistique

La sérigraphie représente également une réponse concrète à la question de l'accessibilité de l'art. Les œuvres, tirées à moins de cent exemplaires, sont signées et numérotées par les artistes, ce qui en fait des pièces uniques. Villevieille illustre : « Le plus petit tableau de Viallat vaut dix mille euros, alors qu'on peut avoir une sérigraphie signée par lui pour moins de mille ». Avec des prix variant entre 150 et 1 000 euros, une cinquantaine d'œuvres sont disponibles à l'achat sur place, offrant une opportunité rare aux collectionneurs et amateurs.

Animations et perspectives futures

Au cours de l'exposition, Jean Villevieille prévoit d'animer un atelier public, partageant sa passion avec les visiteurs. « Ce qui me fait plaisir, c'est de voir le regard des gens quand ils découvrent le travail fini », déclare-t-il. L'espace Captures, au 19, quai Amiral-Meyer à Royan, invite ainsi à une immersion dans l'univers méticuleux de la sérigraphie, célébrant à la fois les artistes et les artisans qui donnent vie à ces créations.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale