Le mystère du photographe inconnu de l'Occupation enfin résolu
Un album contenant 377 photographies, un mystère persistant et quatre années d'investigation minutieuse : voilà les éléments d'une enquête captivante que le journaliste Philippe Broussard, directeur adjoint du Monde et lauréat du prix Albert-Londres, viendra raconter ce samedi 28 mars à 15 heures. Cette quête, qu'il décrit comme « une enquête sur les traces d'un héros trop longtemps resté dans l'anonymat », fait l'objet de son ouvrage « Le Photographe inconnu de l'Occupation », publié en septembre 2025.
Une découverte fortuite lors d'une brocante
L'origine de cette aventure remonte à l'été 2020, lorsqu'une amie du journaliste découvre par hasard, lors d'une brocante, un album mystérieux. Cet ouvrage contient 377 clichés pris clandestinement à Paris et dans sa banlieue entre 1940 et 1942, durant l'Occupation allemande. Dès l'ouverture, un message énigmatique intrigue : ces photographies auraient été réalisées par un « promeneur parisien », sans autre précision. Une injonction accompagne ces mots : « Il a eu le courage de les prendre, ayez le courage de les examiner. » Philippe Broussard confie : « Quand vous tombez sur un tel message, il faut y aller. »
Une enquête au long cours face au silence des archives
Commence alors une investigation de grande ampleur, marquée par l'absence presque totale d'indices. « Je partais du vide », résume le journaliste, confronté au silence des images et à l'immensité des archives de la Seconde Guerre mondiale. Cette tâche vertigineuse, ponctuée de doutes, est néanmoins soutenue par une conviction tenace : il est impossible de laisser ce photographe dans l'ombre.
Les photographies révèlent progressivement un Paris méconnu, souvent déserté, marqué par l'exode et les restrictions. Les soldats allemands y apparaissent omniprésents, parfois perdus dans l'immensité urbaine. Mais au-delà de ce que montrent les images, c'est aussi ce qu'elles suggèrent qui captive. Sur le verso, des commentaires ironiques, parfois mordants, accompagnent les clichés. Philippe Broussard souligne : « C'est un deuxième acte de résistance. » Photographier était déjà interdit ; écrire relevait d'une audace supplémentaire, presque insolente dans ce contexte.
L'identité du photographe enfin dévoilée
Après des années d'investigation, l'auteur de ces clichés est finalement identifié. Il ne s'agissait pas d'un professionnel, mais d'un amateur éclairé, qui saisissait soldats, affiches de propagande ou scènes du quotidien avec un regard à la fois libre et critique, teinté d'un humour grinçant très parisien.
Lors de sa venue à Pomerol dans le cadre du Printemps photographique, Philippe Broussard déroulera le fil de cette enquête, images à l'appui, jusqu'à la révélation de l'identité du photographe. Si quelques recherches en ligne permettent aujourd'hui d'en connaître le nom, l'intérêt réside surtout dans la manière dont l'histoire se dévoile. Le journaliste, en fin raconteur, sait ménager son récit et en garde une part sous le coude, préservant ainsi le plaisir de la découverte.
Informations pratiques sur le Printemps photographique de Pomerol
Les vendredi 27 et samedi 28 mars, de multiples expositions sont présentées dans les vignes, à la Maison des associations et à la mairie. Le programme s'annonce particulièrement riche. Parmi les rendez-vous à retenir :
- Vendredi à 20 h 30 : projection commentée avec Guillaume Geneste, « La Chambre noire, trente ans d'images et de tirages… »
- Samedi à 10 heures : conférence avec Françoise Denoyelle et Pierre Ciot, « Les Agences de photographies. Une histoire française, 1900-2025 »
- Samedi à 20 heures : projection commentée de John Vink, « On doit tout réexpliquer, tout le temps, avec la photographie », salle polyvalente de Pomerol.
L'entrée à ces événements est libre, offrant ainsi une occasion unique de plonger dans l'univers captivant de la photographie et de l'histoire.



