Une fabrique d'art inventive naît dans l'ancien appartement de Serge à Bordeaux
Le metteur en scène et plasticien Philippe Quesne dévoile sa dernière création, « Le Paradoxe de John », dans un lieu chargé d'histoire : l'ancien appartement de Serge. Cet espace, autrefois dédié aux performances intimes de « L'Effet de Serge » en 2007, se transforme aujourd'hui en un terrain de jeu artistique pour quatre créateurs invités.
Une scénographie minimaliste et évocatrice
Sur scène, l'installation repose sur une esthétique dépouillée mais puissante. Un escabeau, une table sur tréteaux et des bonbonnes de gaz côtoient cinq silhouettes énigmatiques, recouvertes de couvertures grises de déménagement. Contre un mur, des rouleaux dressés verticalement évoquent les « Furniture Sculpture » de John Armleder, tandis qu'au sol, un linoléum imitation bois et, dans les airs, une chaise suspendue, complètent ce tableau surréaliste.
Au fond de la salle, une zone hybride entre sas d'entrée et atelier de bricolage est traversée par une bande lumineuse. Celle-ci déroule en continu un texte de Laura Vazquez, dans un style rappelant Jenny Holzer, ajoutant une dimension littéraire à l'expérience visuelle.
L'accueil par Madame Laugier et l'héritage des lieux
Madame Laugier, reconnaissable à sa casquette violette, ses lunettes, sa veste en cuir et son jean pattes d'eph', accueille les visiteurs dans cet espace transformé. Elle rappelle que chaque dimanche, des performances minuscules d'une à trois minutes s'y tenaient autrefois, marquant le début de l'aventure artistique de Philippe Quesne avec « L'Effet de Serge ».
Des idées surgissant de l'ordinaire
Dans cette galerie d'art en devenir, les formes émergent de presque rien : associations incongrues, gestes modestes et performatifs exploitent les éléments présents. Absence de glose, de jargon ou de logorrhée conceptuelle ; à la place, des étincelles cocasses sans être corrosives et de jolies trouvailles, comme une éruption chimico-artistique ou la mue des silhouettes fantomatiques.
Cependant, ces idées brillantes restent souvent à l'état d'ébauche. Les débuts d'épiphanie s'éteignent rapidement, et les rêves d'une fabrique de l'art capable de faire surgir du merveilleux à partir de l'ordinaire, de l'humour, de l'absurde et de la mélancolie, se dissolvent trop souvent dans un ennui mortel.
Informations pratiques
Les représentations de « Le Paradoxe de John » auront lieu le jeudi 12 et le vendredi 13 mars à 20 heures, dans la salle Vauthier du TNBA à Bordeaux. Les tarifs varient de 8 à 30 euros, avec des informations disponibles sur le site tnba.org. Cette expérience artistique unique invite à repenser les frontières entre art, performance et espace quotidien.



