Oxymore : l'exposition paradoxale de Didier Delannoy à Usseau
Oxymore : l'exposition paradoxale de Delannoy à Usseau

Les exemples d'oxymore abondent dans la langue française. On peut par exemple dire que l'on se fait une douce violence en traversant l'obscure clarté que livre un soleil noir en cette nuit blanche où l'on est transpercé par la brûlure du froid. Du 29 mai au 1er juin, les visiteurs pourront ajouter « Oxymore », le titre donné par Didier Delannoy à son exposition, dans l'éclatant silence de l'église d'Usseau.

Une exposition en deux parties

Cette unique exposition de l'année pour l'artiste se déploie en deux volets contradictoires. Après le silence public de Delannoy depuis « Phrasé déphasé », présenté du 27 au 30 juin 2025 déjà en l'église d'Usseau, les 52 œuvres proposées forment un ensemble divisé en deux parties : « Les obscures incandescences », inspirées par son goût pour la symbolique, et « Le sourd éclat andalou », né de son amour pour l'Andalousie, source inépuisable d'inspiration. Ce silence en son atelier n'a été rompu que par quelques séjours dans cette région espagnole et les cours que le professeur donne à La Barbouille, association jonzacaise de plasticiens.

Les paysages andalous en noir et blanc

Dans « Le sourd éclat andalou », Delannoy expose des dessins au crayon, rarement rehaussés de couleur. « J'aime bien dessiner et ça me permet de dire que je sais le faire », explique-t-il. Un travail sobre sur les paysages andalous, en noir et blanc, pour un peintre qui soigne ses couleurs et n'utilise jamais celles « sorties du tube ». L'exposition comprend également quelques esquisses pour « montrer comment je travaille », des gravures sur ardoise, matériau qu'il apprécie, et un modelage en terre cuite. Ce ne sera pas le dernier du plasticien, qui souhaite explorer ce moyen d'expression.

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La symbolique du croissant de lune

Dans « Les obscures incandescences », l'artiste présente un travail sur la guerre, actualité oblige. Il a symbolisé les guerres, les tueries et la famine en peignant un quadriptyque intitulé « Les cavaliers de l'Apocalypse », représentant les quatre cavaliers montant chacun un cheval blanc, rouge, noir et vert, symbolisant la puissance et la victoire, le sang et la violence, le manque et la famine, la peur, la maladie, la mort et les épidémies. Delannoy évolue dans le domaine de l'opposition et présente aussi le contraire de cette noirceur. « Je me suis inspiré de la symbolique du croissant de lune, le jour, la nuit, la déchéance humaine et le renouveau, le désarroi et l'espoir, un cycle infernal. Cela s'apparente aussi à « La Divine comédie » de Dante, qui commence par l'Enfer, circule au Purgatoire et finit au Paradis : si tu n'es pas bien, tu es capable de rebondir », explique le peintre.

L'exposition est ouverte de 10 h 30 à 13 h et de 15 h 30 à 19 h 30. Le vernissage aura lieu le vendredi 29 mai à 18 h 30.

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